CTronçon PIKINE-DIAMNIADIO de l’autoroute à péage : Libération de toutes les emprises avant fin novembre

Toutes les emprises de l’autoroute à péage Pikine – Diamniadio devraient être libérées au plus tard en fin novembre. Un Conseil interministériel restreint a été consacré, hier, au suivi du déplacement des mécaniciens installés à Thiaroye, sur le tracé de l’autoroute à péage.

La libération de toutes les emprises de l’autoroute à péage entre Pikine et Diamniadio devrait être effective d’ici fin novembre. L’annonce a été faite par Aminata Niane, directrice générale de l’Apix, hier, à la sortie d’un Conseil interministériel restreint consacré au suivi du déplacement des mécaniciens installés à Thiaroye, sur le tracé de l’autoroute à péage, et qui a réuni le Premier ministre et l’ensemble des services concernés par ce dossier. «Nous sommes aujourd’hui à 90% de déplacement des personnes affectées par le projet d’autoroute (propriétaires, locataires, prestataires, notamment les mécaniciens, parcelles agricoles, lieux de culte, etc.) et espérons atteindre notre objectif d’ici la fin du mois», a déclaré Mme Niane. Selon elle, toutes les personnes affectées par le projet d’autoroute adhèrent à l’idée du déplacement : «Il faut souligner que les mécaniciens et même toutes les personnes qui se trouvaient sur le tracé de l’autoroute étaient dans une situation très précaires. Donc, c’est l’opportunité de lancer le projet de garage mobile, une idée du président de la République, en attendant de les installer à Diamniadio dans des espaces beaucoup plus adaptés». Toutes ces personnes seront dédommagées, assure la directrice de l’Apix, qui rappelle la volonté exprimée par le gouvernement d’offrir aux mécaniciens se trouvant dans des espaces exigus de la capitale un endroit plus adapté à leur activité. Les ministères de l’urbanisme, de l’artisanat et des finances travaillent ensemble dans ce sens.

Seydou KA


Cadre de vie : Les commerçants du marché Petersen déguerpis

 

Le déguerpissement annoncé des marchands ambulants a été exécuté hier. Tôt dans la matinée, les engins, sous la supervision du préfet de Dakar, ont entamé les opérations de démolition des cantines.

Hier, à 10 heures, il ne restait que des ruines. Les habitués de Petersen n’en revenaient pas. L’anarchie dont souffrait le célèbre marché de Dakar a disparu. Des Caterpillars, sous la surveillance des forces de l’ordre, ont très tôt investi le site. Les instructions sont claires : « il faut tout raser ». Les commerçants n’ont que leurs yeux pour pleurer. Tout a été détruit. Pour certains, c’est l’investissement de tout une vie qui vient de s’écrouler sous leurs yeux ou à leur insu. Mouhamed Sène est sous le choc. Les mots sortent difficilement. « Comment vais-je faire pour payer mes dettes? », s’interroge-t-il.

Accéder à l’intérieur du marché est strictement interdit. Les policiers sont partout stationnés et veillent au grain. « Mère Fatou » comme on l’appelle, fouine dans les décombres de son ancien restaurant. Comme beaucoup d’occupants, elle était absente quand les engins ont commencé leur travail. Elle ne cesse de rouspéter.

Samba Faye a été plus chanceux que les autres.  Sa cantine est loin de la voie. Il s’empresse de sauver ce qui peut l’être avant l’arrivée des engins. A 12 heures, les opérations reprennent. Cette fois-ci, ce sont les cantines du fond qui sont concernées.Face aux récriminations, le préfet de Dakar, Ibrahima Sakho dégage en touche  et rappelle que les occupants avaient été avertis.

« Ce sont eux-mêmes (marchands ambulants) qui ont demandé un délai qui devait expirer après la tabaski. Ce qui  a été fait », explique M. Sakho. Il souligne que « l’opération vise à libérer le terrain où seront construites des cantines à leur profit». En effet, « un centre commercial doit sortir de terre dans 3 à 5 mois », indique le préfet.

François MENDY


Bonne gouvernance en Afrique : La société civile évalue et s’auto-évalue

Les bouleversements politiques et économiques notés récemment en Afrique ont conduit à de profondes transformations dans plusieurs pays africains. Une situation qui interpelle les organisations de la société civile. D’où le forum régional, ouvert hier, à Dakar, en vue d’échanger des expériences et de disposer d’un diagnostic sur la gouvernance. Initié par le Pnud, ce forum régional de trois jours (du 10 au 12 novembre), se tient en partenariat avec Trust Africa, Institut africain de la gouvernance, Civicus et le Congad.
Les participants à cette rencontre se sont basés sur des faits réels, notés ces derniers temps en Afrique. En effet, beaucoup de foyers de contestation ont été enregistrés en Afrique du Nord, avec le Printemps arabe. Des dictateurs omnipotents et puissants ont été poussés à la sortie à force de soulèvements populaires, de protestations et de marches organisées par leur propre peuple.
«Ces scènes de contestations ont eu raison de Ben Ali de la Tunisie, de Hosni Moubarak de l’Egypte et récemment de Khadafi».
Aujourd’hui, cette nouvelle donne, qui est signe du besoin de transparence et de responsabilisation des peuples, interpelle plus d’un, plus particulièrement, la société civile. D’où la tenue, depuis hier, d’un forum régional sur la Société civile et les évaluations de la Gouvernance en Afrique, qui réunit  près de 120 spécialistes de la société et du développement.
Pour la société civile, il s’agit, selon Mme Gita Welche, du centre régional du Pnud à Dakar, d’analyser ces nouvelles transformations, pour disposer d’un véritable «diagnostic sur la bonne gouvernance». Paul-Antoine Decraene, représentant de l’ambassade de France, a estimé, pour sa part, que si des initiatives d’évaluation de la bonne gouvernance sont déployées au plan institutionnel, telles que les évaluations gouvernementales, appuyées par les partenaires au développement, le rapport africain sur la gouvernance, celles mises en place par la société civile, ne le sont pas assez. Ceci, tant pour ce qui concerne les indicateurs que pour ce qui est des résultats.
Or, a-t-il signalé, «l’évaluation participative est indispensable à l’effectivité et à la pro activité de la mesure des avancées et progrès réalisés en matière de gouvernance en Afrique». Gita Welche a reconnu la nécessité, pour la société civile, de s’approprier «les processus d’évaluation de la bonne gouvernance».
Ainsi, les universitaires, chercheurs, écrivains et intellectuels réunis à Dakar, vont plancher sur les thèmes «les évaluations de la gouvernance dans lesquelles la société civile est engagée en partenariat avec les gouvernements», «les auto-évaluations menées par la société civile en Afrique» et «les évaluations de la gouvernance initiées par la société civile africaine avec un intérêt particulier pour les initiatives faisant usage des Tic».

Maguette NDONG