Les rues en damier des
"vieux" quartiers rappellent la présence
coloniale. Les rues Huart, du docteur Thèze
saluent des pharmaciens ou médecins de la marine,
les rues Dagorne, Escarfait, des Essarts,
Parchappe, Vincent, d'anciens officiers coloniaux,
les rues Blanchot, Albert Sarrault, d'anciens
gouverneurs, la rue Raffenel, un ancien
explorateur. Sur le Plateau, les avenues affichent les valeurs
républicaines : Boulevard de la république, de la
liberté (aujourd'hui Jean Jaurès, Jean XXIII et
Pasteur), rue Jules Ferry, ou les noms des anciens
gouverneurs, rues Brière de l'Isle,
Borgnis-Desbordes, William Ponty (aujourd'hui
Georges Pompidou). Les rues célèbrent aussi les
grands écrivains, rue Victor Hugo, Emile Zola. Les avenues et rues des nouveaux quartiers rendent
hommage aux grands hommes du Sénégal : avenues El
Hadj Malick Sy, Lamine Gueye, Blaise Diagne,
Wagane Diouf, Emile Badiane... à l'homme du 18
juin et de la décolonisation, boulevard du général de
Gaulle. Au coeur de la ville,
certains sites ont changé de nom, la place Protet
est devenue la place de l'Indépendance, l'avenue
Roume, l'avenue Léopold Sédar Senghor, l'avenue
Courbet et la place Tascher ont été rebaptisées
Avenue Nelson Mandela et place Soweto. Ouverte sur l'extérieur, la ville rend aussi
hommage aux Libanais, rues Ramez Bourgi, El Hadj
Abdoukarim Bourgi, aux Marocains, rue Mohammed V,
aux Tunisiens, avenue Bourguiba, aux Guyanais, rue
Félix Eboué... aux U.S.A., avenue du président
Franklin Roosevelt. Premier quartier résidentiel, le Plateau, présente
un cadre de vie de qualité avec de belles villas
blanches aux toits de tuiles rouges enfouies sous
les bougainvillées et les flamboyants, de larges
avenues bordées de caïlcédrats. C'est aussi au coeur de l'ancienne ville coloniale
que se concentrent les centres de décisions
politiques, administratifs, commerciaux,
bancaires, culturels. C'est là que se trouvent les
grands buildings. Cette disparité traduit des milieux sociaux très
divers, du cadre à l'ouvrier chômeur en passant
par les employés, artisans, pêcheurs,
jardiniers... Diversité aussi des migrants qui se
regroupent par affinité, suivant leurs origines,
les Diola à Fass, les Sérère à Usine
Niari-Tali... La densification de la médina entraîne des problèmes d'hygiène avec la saturation des réseaux en place : évacuation des ordures, des eaux usées... Les mêmes problèmes se rencontrent dans tous les quartiers : Tilène, Grand-Dakar, la Gueule-Tapée. |