Les rues en damier des "vieux" quartiers rappellent la présence coloniale. Les rues Huart, du docteur Thèze saluent des pharmaciens ou médecins de la marine, les rues Dagorne, Escarfait, des Essarts, Parchappe, Vincent, d'anciens officiers coloniaux, les rues Blanchot, Albert Sarrault, d'anciens gouverneurs, la rue Raffenel, un ancien explorateur.

Sur le Plateau, les avenues affichent les valeurs républicaines : Boulevard de la république, de la liberté (aujourd'hui Jean Jaurès, Jean XXIII et Pasteur), rue Jules Ferry, ou les noms des anciens gouverneurs, rues Brière de l'Isle, Borgnis-Desbordes, William Ponty (aujourd'hui Georges Pompidou). Les rues célèbrent aussi les grands écrivains, rue Victor Hugo, Emile Zola.

Les avenues et rues des nouveaux quartiers rendent hommage aux grands hommes du Sénégal : avenues El Hadj Malick Sy, Lamine Gueye, Blaise Diagne, Wagane Diouf, Emile Badiane... à l'homme du 18 juin et de la décolonisation, boulevard du général de Gaulle.

Au coeur de la ville, certains sites ont changé de nom, la place Protet est devenue la place de l'Indépendance, l'avenue Roume, l'avenue Léopold Sédar Senghor, l'avenue Courbet et la place Tascher ont été rebaptisées Avenue Nelson Mandela et place Soweto.

Ouverte sur l'extérieur, la ville rend aussi hommage aux Libanais, rues Ramez Bourgi, El Hadj Abdoukarim Bourgi, aux Marocains, rue Mohammed V, aux Tunisiens, avenue Bourguiba, aux Guyanais, rue Félix Eboué... aux U.S.A., avenue du président Franklin Roosevelt.

Les "vieux quartiers"
En 1857, les Français s'installèrent d'abord autour du port, en contrebas du Plateau. Un premier plan cadastral est établi par le gouverneur Pinet-Laprade qui meurt du choléra en 1869, puis le plateau, plus aéré, plus salubre, est occupé avec tout un réseau de rues en damier. Les villageois lébou, propriétaires du sol sont refoulés plus au nord vers les terrains bas et mal drainés de l'actuelle médina. Ainsi se met en place une ségrégation urbaine de fait, sinon de droit, consolidée par l'installation des boutiques syro-libanaises dans l'espace intermédiaire entre les "vieux quartiers" et la Médina.

Premier quartier résidentiel, le Plateau, présente un cadre de vie de qualité avec de belles villas blanches aux toits de tuiles rouges enfouies sous les bougainvillées et les flamboyants, de larges avenues bordées de caïlcédrats.

C'est aussi au coeur de l'ancienne ville coloniale que se concentrent les centres de décisions politiques, administratifs, commerciaux, bancaires, culturels. C'est là que se trouvent les grands buildings.

Les quartiers de Médina
Mis en place dès la première guerre mondiale, la zone urbanisée de la Médina, avec plan en damier, rues rectilignes numérotées, se coupant à angle droit (depuis l'indépendance les rues ont été baptisées mais les numéros subsistent) présente aujourd'hui un habitat et des populations très diversifiées : l'immeuble moderne, la villa cossue côtoient la baraque faite de matériaux de récupération.

Cette disparité traduit des milieux sociaux très divers, du cadre à l'ouvrier chômeur en passant par les employés, artisans, pêcheurs, jardiniers... Diversité aussi des migrants qui se regroupent par affinité, suivant leurs origines, les Diola à Fass, les Sérère à Usine Niari-Tali...

La densification de la médina entraîne des problèmes d'hygiène avec la saturation des réseaux en place : évacuation des ordures, des eaux usées... Les mêmes problèmes se rencontrent dans tous les quartiers : Tilène, Grand-Dakar, la Gueule-Tapée.