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Actualité

De la nécessité de "l'équidistance des parties"

Le président du Conseil constitutionnel a souligné la nécessité d’avoir encore des ’’personnalités indépendantes et suffisamment équidistantes des parties ...’’ afin de renforcer le pacte démocratique.

S’exprimant lors de la prestation de serment du président Macky Sall pour un second mandat, il a insisté sur la nécessité de compter sur des ’’personnalités indépendantes et suffisamment équidistantes des parties qui pourraient se trouver en situation de conflit’’, afin de renforcer le pacte démocratique et l’État de droit.

Si l’élection présidentielle se présente comme "le moment du bilan, pour le président de la République sortant, elle constitue, également, un moment d’introspection générale au plus profond de notre +moi+ collectif et un critérium pertinent, permettant de mesurer la maturité de nos institutions républicaines, de notre conscience citoyenne, et aussi l’ancrage de nos élites politiques et intellectuelles dans ce qu’il convient d’appeler +une culture de l’État de droit+’’, a dit Pape Oumar Sakho.

Selon lui, ’’le pacte démocratique et l’État de droit supposent, en effet, un rapport positif à la loi et aux institutions, c’est-à-dire, pour reprendre le mot de François OST, une +inclination à la civilité+ républicaine". 

’’Ils supposent, en outre un respect mutuel et un esprit de dépassement entre les acteurs du jeu politique, en vue de surmonter la suspicion entre adversaires politiques, afin de trouver un minimum de consensus sur les questions essentielles, notamment en matière électorale", a ajouté le président Sakho.
 

’’Ils supposent, enfin, la participation active à la vie de la Cité, de personnalités indépendantes et suffisamment équidistantes des parties qui pourraient se trouver en situation de conflit, pour se donner la légitimité d’arbitres ou de médiateurs impartiaux, en vue de la pacification de l’espace social et politique", a-t-il poursui

De ce point de vue, ’’il semble bien que des efforts soient encore nécessaires en la matière".

L’histoire politique du Sénégal "n’a certes pas été un long fleuve tranquille’’ et a même mis parfois "en présence des adversaires irréductibles", a relevé le président du Conseil constitutionnel. 

Mais ces derniers "ont cependant toujours su prendre suffisamment de hauteur, pour s’asseoir autour d’une table, afin de trouver des points d’équilibre improbables et des consensus inédits, en vue d’aller toujours plus avant dans notre longue marche sur le chemin de la démocratie". 

"Force est de constater aujourd’hui, une mutation des mœurs politiques à travers la substitution au dialogue fécond, des monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies dans les médias et les réseaux sociaux", a-t-il noté.

Aussi "c’est fort de ce constat que le Conseil constitutionnel, malgré le caractère non public et non contradictoire de ses procédures, mais conscient que sa mission de sauvegarde de la volonté de l’électeur et de garantie de la sincérité du scrutin doit s’appuyer sur une démarche empreinte de transparence, a ouvert ses activités à la présence des représentants des candidats et à des personnalités sans affiliation connue à une entité politique (…)", à l’occasion de ses travaux consacrés à l’examen des candidatures à la dernière présidentielle du 24 février.

Cependant, a relevé Pape Ousmane Sakho, le Conseil constitutionnel "ne se faisait pas d’illusions, car la contestation principielle de la loi sur le parrainage et la confiscation du débat citoyen avaient pour conséquences logiques, la contestation de la mise en œuvre de ladite loi et, au-delà, la contestation des institutions".

Pape Oumar Sakho fait observer que les institutions "si souvent prises à partie aujourd’hui, sont pourtant celles qui, en l’espace de douze années, ont permis deux alternances démocratiques".

Il a ainsi rendu hommage aux forces de défense et de sécurité, à l’administration chargée des élections, à la Commission électorale nationale autonome, au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), à la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), ainsi qu’aux commissions départementales de recensement des votes et aux délégués de la Cour d’appel.

Ces différentes entités ont "encore une fois, avec discrétion et efficacité, permis aux citoyens d’exercer leur droit de vote dans un cadre organisé, transparent et sécurisé", a-t-il indiqué. 

Le magistrat a de même salué "la maturité des électeurs qui, à nouveau, ont fait preuve de responsabilité et de discernement, pour la préservation de nos acquis démocratiques". 

"Ces électeurs, composante anonyme et laborieuse de la société, n’ont fait ni vœu de contestation systématique, ni allégeance inconditionnelle à quelque chapelle politique que ce soit. Ils savent cependant que leur voix compte, et attendent patiemment le jour du scrutin pour exprimer leur choix. Il faut apprendre à les respecter et à compter avec eux", a-t-il dit.

Selon lui, en allant massivement aux urnes, les électeurs sénégalais "ont su préserver la paix sociale par leur comportement civique, renouvelant ainsi leur confiance aux institutions républicaines impliquées dans le processus électoral".

Pour Pape Oumpar Sakho, "le discours politique gagnerait à s’élever à la hauteur de la conscience citoyenne de ce peuple, afin que le Sénégal reflète enfin et pour toujours, l’image de la démocratie mature et apaisée qu’il est réellement".

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