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Côte d'Ivoire: Simone Gbagbo toujours réclamée par la CPI

  • jeudi 30 mars 2017 12:13
CPI copieL'acquittement de Simone Gbagbo le 28 mars par la Cour d'Assises d'Abidjan, devant laquelle elle était jugée pour crimes contre l'humanité, ne clôt pas encore le dossier. L'ex-première dame fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Depuis cinq ans, les autorités ivoiriennes refusent de l'exécuter.

« Une grande joie, évidemment ! », c'est ce qu'aurait ressenti Laurent Gbagbo en apprenant l'acquittement de son épouse, le 28 mars, par la Cour d'assises d'Abidjan. Mais son avocat, maître Emmanuel Altit, ne sera pas plus loquace sur la question.

A la Cour pénale internationale, l'audition du général Georges Guiai Bi Poin, le patron du Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS) pendant la crise post-électorale de 2010-2011, doit reprendre. Son co-accusé, et ex-ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, exprime lui, via ses avocats, « une joie mesurée », puisque l'ex-première dame « reste détenue » pour des atteintes à l'autorité de l'Etat, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l'ordre public, pour lesquelles elle a été reconnue coupable et condamnée à 20 ans de prison en mars 2015. Pour l'ex-chef des Jeunes patriotes, dont les propos sont rapportés par ses avocats, « on peut aussi soupçonner une tentative de manipulation politique de la part des autorités ivoiriennes », qui offrirait ainsi des gages à « la réconciliation ».

« Un véritable fiasco »

Mais pour la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), le Mouvement ivoirien des droits de l'homme (MIDH) et la Ligue ivoirienne des droits de l'homme (Lidho), le procès contre Simone Gbagbo est « très éloigné des standards internationaux ». Elles déplorent « un véritable fiasco », espérant que cet échec constitue « un électrochoc » pour la justice ivoirienne. Les trois organisations, qui représentent 250 victimes de la crise post-électorale, s'étaient retirées à l'ouverture de ce procès qui a duré dix mois, dénonçant déjà la faiblesse de l'enquête et le fait que, selon elles, Simone Gbagbo aurait dû comparaitre avec les chefs de la sécurité ivoirienne.

Cependant, l'ex-première dame n'en a pas tout à fait fini avec les procédures. Simone Gbagbo fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité émis par la Cour le 29 février 2012, et jamais exécuté par les autorités ivoiriennes. Plus de cinq ans après l'émission de ce mandat d'arrêt, Simone Gbagbo est toujours attendue par la procureure à La Haye. En 2014, le gouvernement ivoirien avait bien tenté de convaincre la Cour de lui laisser juger Simone Gbagbo devant ses propres tribunaux, mais les juges avaient rejeté la demande, affirmant alors « qu'aucune enquête ou poursuite pertinente n'était en cours au niveau national », et que les autorités ivoiriennes n'avaient pas démontré l'existence « de mesures d'enquête concrètes, tangibles et progressives ». Ils réclamaient à nouveau la livraison de l'ex-première dame. La question n'a cependant jamais été renvoyée à l'Assemblée des Etats parties, sorte de mini parlement rassemblant les Etats membres de la Cour, habilitée à acter toute absence de coopération.

La justice ivoirienne en question

Après avoir saisi la Cour en 2010, puis envoyé Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à La Haye, la Côte d'Ivoire avait estimé être désormais apte à conduire les procès devant ses propres tribunaux. La Cour n'intervient en effet qu'en dernier recours, lorsqu'un Etat n'a pas la capacité ou la volonté politique de juger sur son sol. Une fois Laurent Gbagbo et son ex-ministre envoyé loin des frontières ivoiriennes, le président Alassane Ouattara avait annoncé qu'il n'y aurait pas d'autres accusés renvoyés à la CPI, rassurant ainsi ses troupes, soupçonnées elles aussi de crimes contre l'humanité par la Cour. Depuis l'ouverture de l'enquête de la CPI en octobre 2011, la procureure affirme que le dossier des violences post-électorales est toujours ouvert, et que ses enquêtes visent les deux parties qui se sont affrontées lors de la crise, dont les partisans d'Alassane Ouattara. Mais six ans plus tard, aucun mandat d'arrêt n'a été délivré, donnant de la justice de La Haye l'image d'une justice de vainqueurs.

RFI

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