La passation de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden est programmée au 20 janvier 2021.

D’ici là, le processus électoral n’est pas officiellement terminé. Les médias américains ont annoncé la victoire du candidat démocrate mais le locataire actuel de la Maison Blanche dénonce des fraudes.

Au moment de voter, chaque électeur américain choisit une liste de grands électeurs, chargés à leur tour de désigner le Président et son vice-Président. Les citoyens américains votent donc de façon indirecte pour l’élection à la présidence des Etats-Unis.

Les citoyens ont pu voter de manière anticipée ou par voie postale avant le 3 novembre, date de l’élection présidentielle. Cette année, les observateurs constatent un plus grand nombre de votes par correspondance dû notamment à la crise du coronavirus et à l’affiche de l’élection, Donald Trump contre Joe Biden. Une partie de ces votes sont désormais remis en question par le camp du Président sortant.

Les 50 Etats du pays ont chacun leurs propres règles. Donald Trump remet en cause la bonne tenue du scrutin dans plusieurs Etats. Le candidat républicain demande notamment le recomptage des voix dans le Wisconsin, où la règle prévoit une telle procédure dans le cas où l’écart entre le candidat est d’au moins 1%, or l’écart est moindre. Joe Biden a obtenu 49,45% des suffrages (soit 1 630 569) et Donald Trump 48,83% (soit 1 610 030) selon le New York Times.

Tous les Etats, à l’exception du Maine et du Nebraska, appliquent le principe du “Winner takes all”, autrement dit, le gagnant remporte tous les grands électeurs de l’Etat. Cette règle électorale a permis à des médias américains tels que CNN, MSNBC ou le Times de déclarer Joe Biden vainqueur avec plus de 270 grands électeurs après avoir remporté la Pennsylvanie (20 grands électeurs).

Avec l’afflux des votes par correspondance, en Pennsylvanie, en Géorgie ou dans l’Arizona, le dépouillement est plus long qu’à l’accoutumée. Ces Etats-clés sont scrutés avec attention et Donald Trump lui-même dénonce une “élection volée”. Le 45ème Président des Etats-Unis affirme bénéficier des voix “légales” de 71 millions d’Américains qu’il oppose à des votes “frauduleux”.

Le camp Trump a lancé des démarches pour contester les résultats dans plusieurs Etats du pays. En Géorgie, une plainte déposée pour l’arrivée tardive des bulletins par correspondance a été rejetée.

Toujours dans l’Etat de Géorgie mais également en Pennsylvanie, des recours ont été déposés par les républicains pour un plus grand accès de leurs observateurs au comptage. Ces requêtes ont été acceptées. Pour l’instant, l’équipe du Président sortant n’a fourni aucune preuve de fraude.

Si Donald Trump a affirmé vouloir saisir l’instance, il ne peut pas le faire directement. Les litiges sont d’abord traités au niveau de chaque Etat, la Cour suprême intervient en dernier ressort. L’affaire portée devant la justice doit relever du droit fédéral ou de la Constitution, le cas échéant, les juges peuvent décider ou non de se saisir du dossier.

En 2000, la plus haute instance du pays était intervenue en Floride dans le duel Al Gore-Georges W. Bush à la faveur du républicain. Elle avait répondu favorablement à la demande du camp Bush d’arrêter le recomptage des voix car la manière de procéder différait entre les comtés. Aujourd’hui, Donald Trump souhaite faire de même. Avant le 8 décembre, date butoir de la période dite « de sécurité » ou « safe harbor », sauf en Californie, les gouvernements de chaque Etat doivent certifier leurs résultats. Ce délai comprend la période de recomptage et le règlement d’éventuels litiges. Chaque Etat doit indiquer le nom du candidat vainqueur du collège électoral.

Le 14 décembre, les 538 grands électeurs sont censés se réunir, par Etat, pour désigner le ticket Président et Vice-Président. Puis les votes sont envoyés à Washington.

Le 3 janvier, les nouveaux sénateurs prêtent serment. Puis le 6 janvier, les parlementaires se réunissent pour une séance dirigée par le Président du Sénat et Vice-Président en exercice, Mike Pence. Il proclame alors les résultats.

Le Président élu prête serment le 20 janvier sur les marches du Capitole à Washington D. C. Il est de coutume lors d’une passation de pouvoir d’avoir sur la même estrade, le Président sortant et le Président élu. Ce dernier prête serment sur la Bible : « J’affirme solennellement que j’exécuterai loyalement la charge de président des États-Unis. »

Dans le camp des démocrates, les membres font savoir qu’ils sont déjà au travail. Lors de son discours après sa victoire, Joe Biden a annoncé une première mesure : la nomination d’un comité d’experts sur la pandémie de Covid-19. Son équipe a mis en ligne un site présidentiel pour la période de transition intitulé « Restaurer le leadership américain ».  Lors de toutes ses apparitions, Joe Biden a délivré des messages d’apaisement et déclaré qu’il sera le Président de “tous les américains”.

Avant le scrutin, les hauts cadres de l’administration Trump auraient travaillé à une éventuelle alternance du pouvoir avec les démocrates selon plusieurs médias outre-atlantique. Le candidat démocrate voit déjà arriver des messages de félicitations du monde entier.

rts.sn

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