
RÉAMÉNAGEMENT INSTITUTIONNEL : OUSMANE NGOM APPELLE À « DES CONSENSUS LARGES » POUR PRÉSERVER LA STABILITÉ DU PAYS

Invité de l’émission « Point de vue », l’ancien ministre de l’Intérieur sous le régime du président Abdoulaye Wade, Ousmane Ngom a livré son analyse de la nouvelle séquence politique ouverte par la décision du président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko.
Pour l’ancien responsable politique, cette décision s’inscrit dans la logique des institutions de la République et vise à mettre un terme aux tensions observées au sommet de l’État depuis plusieurs mois. Selon lui, le fonctionnement harmonieux des institutions exige une clarification des responsabilités dans un régime présidentiel où le chef de l’État demeure « la clé de voûte » du système institutionnel.
Au cours de l’entretien, Ousmane Ngom a rappelé les fondements du régime politique sénégalais, en soulignant que le Premier ministre agit dans le cadre des orientations définies par le président de la République. Revenant sur l’histoire constitutionnelle du Sénégal, il a évoqué les enseignements tirés de la crise institutionnelle de 1962 entre le président Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, estimant que cette période avait contribué à consolider le caractère présidentiel du régime sénégalais.
Interrogé sur les risques de tensions avec l’Assemblée nationale, l’ancien ministre a néanmoins voulu se montrer rassurant. Il a indiqué que les mécanismes prévus par la Constitution permettent d’éviter tout blocage durable des institutions. Tout en appelant à la responsabilité des acteurs politiques, il a plaidé pour un esprit républicain afin de préserver la stabilité du pays.
Ousmane Ngom a également insisté sur les priorités économiques et sociales auxquelles le Sénégal fait face. Il estime que la nouvelle phase politique doit permettre de relancer l’activité économique, de renforcer la confiance avec les partenaires techniques et financiers et d’apporter des réponses concrètes aux attentes des populations, notamment des jeunes.
Selon lui, le futur gouvernement devra s’appuyer sur des profils expérimentés et capables de construire des consensus larges autour des grandes priorités nationales. « Il faut que les Sénégalais puissent s’y retrouver », a-t-il affirmé, appelant à une gouvernance orientée vers l’efficacité de l’action publique et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.





