
NOUVEAU GOUVERNEMENT : LE PR ABOU KANE VOIT LES PREMIERS MARQUEURS D’UNE MÉTHODE AXÉE SUR LES RÉSULTATS

La mise en place du nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Lo traduit une volonté de renforcer l’efficacité de l’action publique et d’adapter l’organisation de l’État aux défis économiques du moment. C’est l’analyse du professeur agrégé d’économie Abou Kane, qui décèle dans les premiers actes de l’équipe gouvernementale les signes d’une nouvelle méthode de gouvernance.
Pour l’universitaire, le choix porté sur Ahmadou Al Aminou Lo répond avant tout aux exigences du contexte actuel. Ancien cadre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, ancien secrétaire général du gouvernement et ancien ministre chargé de la Vision Sénégal 2050, le nouveau Premier ministre dispose, selon lui, d’une connaissance approfondie des mécanismes de l’État et des enjeux économiques auxquels le pays est confronté.
« C’est un excellent profil », estime Abou Kane, tout en soulignant que la réussite du gouvernement dépendra de la capacité de l’ensemble de l’équipe à travailler de manière coordonnée pour produire des résultats concrets.
L’économiste accorde une attention particulière à la réorganisation de l’architecture gouvernementale, notamment au retour du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. Pour lui, cette décision répond à une nécessité de coordination dans un contexte marqué par les défis budgétaires, la gestion de la dette et les impératifs de relance économique.
Selon le professeur, le regroupement des compétences économiques et financières devrait permettre d’accélérer les prises de décision et d’éviter la dispersion des responsabilités. « Il s’agit surtout de mieux coordonner les actions et d’aller plus vite dans la mise en œuvre des solutions », explique-t-il.
Au-delà de l’organigramme gouvernemental, Abou Kane voit dans les orientations données lors du premier Conseil des ministres les contours d’une nouvelle approche de l’action publique. Il retient notamment l’appel à passer d’une logique de procédures à une logique de résultats, ainsi que la volonté de renforcer la coopération entre les différents départements ministériels.
Pour l’universitaire, cette orientation s’inscrit dans la continuité des réformes de modernisation de l’administration engagées ces dernières années, mais avec un accent plus marqué sur l’impact concret des politiques publiques.
« Pendant longtemps, l’accent a été mis sur les moyens mobilisés plutôt que sur les résultats obtenus », relève-t-il. Désormais, l’enjeu consiste à mesurer l’efficacité réelle des dépenses publiques et leur contribution aux objectifs de développement.
Le directeur du laboratoire d’économie publique de l’UCAD estime également que la simplification des procédures administratives constitue une condition essentielle pour accélérer l’exécution des projets et améliorer les performances de l’administration. Il évoque notamment le recours accru aux outils de digitalisation et le renforcement des mécanismes d’évaluation a posteriori.
Dans un contexte économique exigeant, marqué par les questions liées à la dette, à l’investissement et à la croissance, Abou Kane considère que le gouvernement dispose d’un délai relativement court pour produire des résultats visibles. Selon lui, les trois prochaines années seront déterminantes pour traduire les ambitions affichées en réalisations concrètes.
L’universitaire appelle enfin à préserver un climat de stabilité institutionnelle, qu’il juge indispensable pour maintenir la confiance des investisseurs et accompagner la mise en œuvre des réformes économiques. Pour lui, l’efficacité de la nouvelle équipe gouvernementale dépendra autant de la qualité des décisions prises que de la capacité des institutions à travailler dans un esprit de coopération et de responsabilité.





