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PRODUITS SOFTCARE : PAS DE RISQUE SANITAIRE AVÉRÉ, AFFIRME LE MINISTRE DE LA SANTE

a-la-une
05 mars 2026
a-la-une

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a annoncé ce jeudi que l’enquête indépendante menée dans l’affaire Softcare n’a révélé aucune présence de substances dangereuses pour la santé dans les matières premières utilisées par l’entreprise de fabrication de produits d’hygiène.

S’exprimant devant la presse, le ministre a indiqué que les analyses réalisées n’ont pas permis d’établir l’existence d’un risque sanitaire avéré lié aux produits concernés. « Les matières premières ne contiennent pas de substance dangereuse pour la santé. Le risque sanitaire n’a pas été identifié par des arguments tangibles », a-t-il déclaré.

Selon lui, la présence de matières périmées dans la zone de production de l’usine constitue néanmoins un manquement au système de gestion de la qualité de l’entreprise, notamment en ce qui concerne les bonnes pratiques de stockage. Toutefois, a précisé le ministre, l’analyse approfondie n’a pas permis de prouver que ces matières ont été effectivement utilisées dans le processus de fabrication.

Le rapport d’enquête souligne par ailleurs une incohérence entre les éléments présentés comme preuve d’utilisation des matières incriminées et les conclusions issues de l’inspection. D’après le ministre, la fiche de stocks mentionnée dans le dossier fait état d’une utilisation de la matière première concernée jusqu’en septembre 2025, alors que la dernière sortie de stock enregistrée remonte à septembre 2024.

« Les produits incriminés sur la fiche de stocks datent donc de septembre 2024 », a expliqué Ibrahima Sy, estimant que ces éléments confirment la non-commercialisation des produits concernés au moins depuis le 31 décembre 2024, ce qui aurait conduit à l’arrêt de leur fabrication.

Le ministre a toutefois relevé un écart entre les quantités de matières premières détruites par l’entreprise et celles constatées lors de l’inspection. Selon lui, l’entreprise affirme avoir détruit 2 200 kilogrammes de matières, tandis que les inspecteurs n’en ont relevé que 1 300 kilogrammes.

Sur le plan réglementaire, le ministre de la Santé a insisté sur la nécessité de distinguer la simple présence de matières périmées du risque avéré de leur utilisation dans la production. « Cette distinction n’a pas été respectée dans la prise de décision initiale », a-t-il fait observer.

Il a également souligné que l’absence d’un décret d’application encadrant spécifiquement les modalités d’inspection pour cette catégorie de produits fragilise le fondement juridique de la procédure.

Au début du mois de décembre, Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) avait adressé un courrier aux professionnels de santé signalant la présence de matières premières périmées dans le circuit de fabrication de certains produits destinés aux bébés, aux enfants et aux femmes. L’agence avait alors demandé le retrait des produits de la marque Softcare du marché, avant de revenir sur cette décision une semaine plus tard.

Face à la polémique suscitée par cette affaire, une mission conjointe réunissant des experts des ministères de la Santé et du Commerce ainsi qu’un représentant de l’Assemblée nationale avait été mise en place pour mener une enquête approfondie.

Très médiatisée depuis décembre dernier, l’affaire Softcare a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique et connu plusieurs rebondissements, avant les conclusions rendues publiques par les autorités sanitaires.

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