
AGROPOLES ET SITES INDUSTRIELS : OUSMANE SONKO MISE SUR LA STABILITÉ ET LES RESSOURCES DU SÉNÉGAL POUR SÉDUIRE LES INVESTISSEURS

À l’occasion du lancement des activités de mobilisation du secteur privé autour des agropoles et des sites industriels, le Premier ministre Ousmane Sonko a plaidé pour un repositionnement stratégique du Sénégal sur la carte des investissements internationaux. Entre valorisation des ressources naturelles, stabilité politique et potentiel démographique, le chef du gouvernement a esquissé les fondements d’une nouvelle attractivité économique du pays.
Dès l’entame de son intervention, Ousmane Sonko a évoqué la question sensible de l’exploitation des ressources naturelles du Sénégal, estimant que celles-ci – notamment le gaz, le pétrole, le phosphore et l’or – n’avaient pas été négociées à la hauteur de leur potentiel par les régimes précédents. « Elles ont été mal négociées », a-t-il affirmé, assumant une volonté de rupture avec les pratiques antérieures.
Parmi ces ressources, le Premier ministre a particulièrement insisté sur le phosphore, qu’il considère comme un levier stratégique pour renforcer la souveraineté agricole du pays. Selon lui, le Sénégal ambitionne de reprendre la maîtrise de cette filière afin de produire des engrais organiques et adaptés aux besoins des sols nationaux, dans l’optique d’améliorer durablement la productivité agricole et de consolider la souveraineté alimentaire.
Au-delà des ressources naturelles, Ousmane Sonko a identifié la stabilité politique comme l’atout majeur du Sénégal. « Le plus important, avant même le gaz et le pétrole, c’est la stabilité », a-t-il déclaré, soulignant qu’aucune richesse ne peut être pleinement valorisée dans un contexte d’instabilité. S’adressant implicitement aux investisseurs étrangers, il a insisté sur la solidité du cadre démocratique sénégalais, tout en reconnaissant l’intensité du débat public. Selon lui, cette vitalité démocratique constitue au contraire un signe de maturité politique.
Le chef du gouvernement a également mis en avant les avantages géostratégiques du pays. Situé à environ sept heures du continent américain et à la porte de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal offre, selon lui, un accès privilégié au marché de la CEDEAO, qui regroupe plus de 400 millions de consommateurs sur un espace de près de six millions de kilomètres carrés. « Il faut voir le Sénégal dans un ensemble qui s’appelle l’Afrique », a-t-il plaidé, invitant les investisseurs à appréhender le pays comme une plateforme régionale.
À ces atouts s’ajoute, selon le Premier ministre, un capital humain important. Avec plus de 60 % de sa population âgée de moins de 35 ans, le Sénégal dispose d’une jeunesse qu’il considère comme une ressource stratégique, à condition de renforcer les politiques de formation et d’emploi.
Dans cette perspective, le gouvernement entend attirer davantage de capitaux privés étrangers tout en stimulant l’investissement national. Ousmane Sonko a ainsi annoncé la tenue prochaine d’un Conseil présidentiel pour l’investissement, destiné à renforcer le dialogue avec le secteur privé et à accélérer la concrétisation de projets structurants.
Le Premier ministre a élargi son propos à l’échelle continentale. Selon lui, l’Afrique pourrait, dans les décennies à venir, jouer pour la croissance mondiale un rôle comparable à celui qu’a occupé la Chine au cours des dernières années. Un message qui se veut à la fois un signal adressé aux investisseurs internationaux et une affirmation de la place que le Sénégal entend occuper dans la dynamique économique du continent.





