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APPROVISIONNEMENT EN EAU À NGUER MALAL : LA VÉTUSTÉ DES FORAGES AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS

a-la-une
13 oct. 2026
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La vétusté des infrastructures hydrauliques constitue un défi majeur pour l’approvisionnement en eau potable dans la commune de Nguer Malal, dans le département de Louga. C’est l’un des principaux constats issus d’une mission conjointe de contrôle de l’exploitation menée le jeudi 1er octobre 2026 par l’Office des forages ruraux (OFOR), la Sénégalaise des Eaux Rural (SDER) et la Division régionale de l’Hydraulique de Louga.

Conduite par Adama Sow, chef de la Division du contrôle de l’exploitation de l’OFOR, cette mission a visité quatre sites : Boudy Sakho, Keur Balla Sèye, Louguéré Wandé et Nguer Malal. L’objectif était d’évaluer les conditions d’exploitation des ouvrages, d’identifier les difficultés rencontrées par les usagers et de formuler des recommandations pour améliorer la qualité et la continuité du service public de l’eau.

Le sous-préfet de Keur Momar Sarr, Ousmane Ngom, a également pris part à cette visite. Il a salué une initiative qui, selon lui, intervient à point nommé, tout en jugeant satisfaisante la reprise de la gestion des forages par la SDER dans sa circonscription administrative.

Des ouvrages fonctionnels, mais vieillissants

À Boudy Sakho, le forage fonctionne 24 heures sur 24 avec un débit de 33 m³ par heure et dessert une dizaine de villages et de hameaux. Mis en service en 1966, cet ouvrage a atteint 60 ans d’existence en 2026. Malgré son ancienneté, un stock de carburant est disponible pour assurer le fonctionnement du groupe électrogène.

La gestion déléguée a également eu un effet sur le coût de l’eau pour les ménages. Le prix du mètre cube est passé de 400 à 250 FCFA, selon les informations recueillies par la mission, soit une baisse de 37,5 % par rapport au tarif appliqué sous la gestion communautaire.

Toutefois, un forage réalisé par AGEROUTE Sénégal dans le cadre de sa responsabilité sociétale des entreprises (RSE), avec une capacité de 15 m³ par heure, n’est toujours pas opérationnel. Sa mise en service, après solarisation, figure parmi les recommandations formulées. La mission préconise également l’achèvement et la mise en exploitation du forage de Garanguel, ainsi que la réalisation d’un nouvel ouvrage de renforcement à Boudy Sakho pour accroître la production.

Ces aménagements doivent notamment permettre de mieux répartir l’approvisionnement entre les localités desservies et de réduire la pression sur les installations existantes.

Des ruptures d’eau liées à l’électricité

À Keur Balla Sèye, le forage, mis en service en octobre 1996, fonctionne également en continu, avec un débit de 33 m³ par heure. Il alimente 27 villages. Mais cette capacité de production ne suffit pas à garantir la continuité du service.

Les usagers ont signalé des ruptures fréquentes, principalement dues à l’instabilité du réseau électrique et à la vétusté du groupe électrogène de secours. Certaines localités connaissent ainsi des difficultés d’approvisionnement.

Pour remédier à cette situation, la mission recommande l’installation d’un groupe électrogène de secours de 60 kVA, avant la solarisation du forage. L’achèvement et la mise en service du forage de Garanguel sont également préconisés afin de renforcer le dispositif d’approvisionnement.

À Louguéré Wandé, le constat est similaire. Réalisé en 1991, le forage dessert 21 villages. Si l’ouvrage demeure fonctionnel, le groupe électrogène est vétuste et le compteur de l’abreuvoir ne fonctionne pas. Dans cette zone à vocation sylvopastorale, ces défaillances peuvent affecter aussi bien l’approvisionnement des populations que les besoins en eau liés à l’élevage.

La mission recommande notamment la solarisation et/ou l’électrification du forage, l’installation d’un groupe électrogène de 60 kVA et le remplacement du compteur de l’abreuvoir. Elle préconise également une révision du modèle de gestion de cette infrastructure, compte tenu de son importance pour les activités pastorales.

À Nguer Malal, un nouveau forage envisagé

Dans le chef-lieu de la commune, le forage, construit en 1989, dessert 16 villages et hameaux. Âgé de 37 ans, l’ouvrage bénéficie déjà d’une installation solaire partielle. Cependant, plusieurs difficultés ont été signalées par les usagers, notamment la dégradation avancée du château d’eau et le dysfonctionnement du compteur de production de type DN 80.

Des baisses de pression sont également constatées dans certains quartiers, notamment à Keur Samba, Kantéyène et Keur Mayoro. Les populations ont par ailleurs demandé une meilleure prise en charge des demandes de branchements particuliers, des extensions du réseau de distribution et des branchements sociaux.

Face à ces contraintes, la mission recommande la réalisation d’un nouveau forage afin de combler le déficit de production. Elle préconise également d’explorer les possibilités d’interconnexion des réseaux de distribution et d’automatiser la gestion des sources d’énergie grâce à des variateurs hybrides capables de combiner l’alimentation solaire et électrique.

Ce dispositif doit permettre d’optimiser le fonctionnement des pompes, en maintenant une fréquence de 50 Hz grâce à la compensation entre les différentes sources d’énergie disponibles.

Une gouvernance à consolider

Au-delà des interventions techniques, cette mission s’inscrit dans la démarche de l’État visant à renforcer la gouvernance de l’eau en milieu rural. À travers le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, l’OFOR assure le suivi et le contrôle de l’exploitation des périmètres affermés, en collaboration avec les délégataires de service public, les autorités administratives, les collectivités territoriales et les usagers.

À Nguer Malal, le bilan dressé fait état d’une amélioration de la qualité et de la continuité du service depuis le démarrage des activités de la SDER. Mais les difficultés observées montrent que les performances de la gestion déléguée restent étroitement liées à l’état des infrastructures, à la disponibilité de l’énergie et au renforcement des capacités de production.

La mise en œuvre des recommandations formulées devra ainsi permettre de réduire les interruptions de service, d’améliorer la pression dans les réseaux et de répondre aux besoins des localités insuffisamment desservies.

En attendant ces interventions, le défi reste de garantir un accès régulier à l’eau potable aux populations de Nguer Malal, tout en assurant la durabilité des ouvrages hydrauliques et une meilleure prise en compte des besoins domestiques et pastoraux.

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