
ARCOP ET LA BANQUE MONDIALE FORMENT DES EXPERTS AFRICAINS À DAKAR

La capitale sénégalaise abrite, du 4 au 8 mai 2026, une session de formation internationale consacrée à la gestion des contrats de travaux selon les standards FIDIC. Organisée par le centre de formation de l’ARCOP, cette initiative réunit des experts de la commande publique issus de onze pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, avec l’appui de la Banque mondiale.
L’objectif de cette formation est de renforcer les capacités des acteurs publics et privés dans la gestion des marchés de travaux, qui représentent la part la plus importante de la commande publique en termes de valeur économique. Selon Lamine Samb, une meilleure maîtrise de ces marchés permet également d’améliorer la gestion des fournitures et des prestations intellectuelles.
Il a souligné que les défis majeurs résident dans la planification, la rigueur des procédures et surtout l’exécution des contrats, souvent considérée comme le maillon faible dans plusieurs pays africains. L’accent a ainsi été mis sur une responsabilité partagée entre autorités contractantes, secteur privé et société civile, avec une exigence accrue en matière d’éthique.
La formation aborde également les mécanismes de régulation, en mettant en avant le rôle du régulateur, qui ne se limite pas à sanctionner, mais vise aussi à garantir l’équilibre des contrats publics. Dans cette dynamique, des réformes récentes ont été présentées, notamment celles encadrant les marchés dits « Secret Défense » et les marchés sensibles.
Désormais, ces contrats font l’objet d’un contrôle renforcé, avec la mise en place de commissions intégrant autorités contractantes, organes de contrôle et régulateur. « On passe d’un pouvoir discrétionnaire absolu à un pouvoir encadré », a expliqué Lamine Samb, insistant sur les avancées en matière de transparence et de traçabilité.
Ces réformes ont été saluées par Kouami Messan, qui y voit une évolution majeure. Selon lui, l’immatriculation et l’encadrement des marchés sensibles permettront de réduire significativement les risques d’abus.
L’implication de la Banque mondiale s’inscrit dans un contexte où l’institution finance des centaines de projets en Afrique de l’Ouest et du Centre, rendant indispensable une gestion rigoureuse des contrats pour garantir efficacité, respect des délais et confiance des partenaires.
Au cœur des échanges figure le « Livre rouge » FIDIC, un modèle contractuel largement utilisé dans les projets financés par les bailleurs. Yann Schneller a rappelé qu’il s’agit d’un cadre équilibré entre maître d’ouvrage et entrepreneur, avec une répartition claire des risques, tout en insistant sur la nécessité d’adapter ces contrats aux réalités spécifiques de chaque projet.
Au-delà du renforcement des compétences, cette formation vise à promouvoir des pratiques harmonisées et durables dans la commande publique. Elle met notamment en avant l’intégration des enjeux environnementaux et du développement durable, désormais considérés comme des leviers essentiels pour transformer les économies africaines et améliorer la gouvernance des projets publics.





