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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CORED : MAMADOU THIOR FAIT LE BILAN ET FIXE LES DÉFIS DE LA PROCHAINE ÉQUIPE

a-la-une
04 juil. 2026
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Sept ans après son élection, l’équipe dirigeante du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) passe le relais. Réunis en assemblée générale ordinaire, les membres de l’organe d’autorégulation sont appelés à désigner un nouveau Directoire et un nouveau Bureau, tandis que le renouvellement du Tribunal des pairs interviendra dans un second temps.

Ce rendez-vous marque surtout l’heure des comptes. Dans son rapport moral, le président sortant, Mamadou Thior, a retracé un mandat débuté en 2019 et rapidement bousculé par la pandémie de Covid-19. Privé de siège pendant plusieurs mois, contraint de fonctionner avec des moyens limités et des réunions délocalisées, le CORED a néanmoins poursuivi sa mission en multipliant les échanges avec les rédactions avant de retrouver un fonctionnement plus stable à partir de 2021.

Cette année-là constitue un tournant pour l’institution. Grâce à un premier financement du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), le CORED recrute un personnel permanent, s’installe à la Maison de la Presse Babacar Touré et voit son quitus devenir une pièce obligatoire dans les demandes de Carte nationale de presse. Une évolution que l’équipe sortante considère comme une reconnaissance du rôle de l’organe d’autorégulation dans l’organisation de la profession.

Mais cette dynamique sera freinée par une longue période d’incertitude financière. L’audit du FADP engagé après l’alternance de 2024 suspend les financements pendant plusieurs mois. Les salaires s’accumulent, les activités ralentissent et les bureaux ferment pendant cinq mois, entre juin et novembre 2025. Ce n’est qu’après deux décaissements intervenus à la fin de 2025 et au début de 2026 que l’institution parvient à régulariser sa situation et à reprendre ses activités.

Au-delà de ce contexte, le rapport d’activités présenté par Nina Penda Faye met en évidence une institution qui a cherché à agir davantage sur les pratiques professionnelles que sur les sanctions.

Le CORED a ainsi relancé les « Cas d’École », des rencontres périodiques réunissant journalistes, étudiants, universitaires et acteurs publics autour des grands enjeux de la profession. La responsabilité des médias en période de crise, la couverture des élections, les relations entre journalistes et forces de sécurité ou encore les dérives de la chronique figurent parmi les thèmes débattus. L’une de ces rencontres, consacrée au traitement de l’information sur la Police nationale, a été organisée avec le concours de la Direction générale de la Police nationale et le soutien d’Article 19.

L’institution a également multiplié les actions de formation. Elle a participé au programme « Nietti Élections » du National Democratic Institute consacré à l’évaluation de la couverture médiatique des différents scrutins, pris part à des ateliers sur la sécurité des journalistes, la lutte contre la désinformation et les discours de haine avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Reporters sans frontières et la Convention des jeunes reporters du Sénégal.

Le CORED revendique aussi un rôle structurant dans les réformes du secteur. Entre 2023 et 2025, il a assuré la présidence et le secrétariat du Comité de pilotage des Assises nationales des médias, dont plusieurs recommandations servent aujourd’hui de base aux réformes engagées par les autorités. L’institution rappelle également sa participation à la Commission nationale de la carte de presse, où son quitus conditionne désormais l’obtention du précieux document professionnel.

Sur le terrain de la régulation, depuis 2023, une vingtaine de communiqués ont été publiés pour dénoncer les appels à la violence, les discours haineux, les atteintes à la dignité humaine, les détournements de manchettes ou encore les insuffisances dans le traitement des affaires judiciaires.

Dans le même temps, le Tribunal des pairs a examiné treize plaintes et s’est autosaisi à vingt-sept reprises. Cinquante médias ont été concernés par ses décisions, qui ont donné lieu à quarante-deux avertissements, quinze blâmes, cinq appels et deux demandes de droit de réponse. Pour l’équipe sortante, ces chiffres traduisent une volonté de privilégier la médiation avant toute sanction disciplinaire.

L’équipe sortante laisse toutefois plusieurs dossiers ouverts. Le monitoring permanent des médias reste embryonnaire faute de ressources humaines et financières suffisantes. Le CORED estime également que ses décisions ne sont pas encore suffisamment relayées par les organes de presse concernés. À cela s’ajoute la question du financement de l’institution. Le Directoire plaide pour une clarification des dispositions du Code de la presse afin de garantir au CORED des ressources pérennes, indépendantes des aléas des subventions.

En transmettant le témoin, Mamadou Thior estime que le principal acquis de ces deux mandats réside dans l’installation progressive d’une culture de l’autorégulation au sein des rédactions. Un chantier qu’il appartient désormais à la nouvelle équipe de consolider dans un environnement médiatique confronté aux défis du numérique, de la désinformation et de l’évolution des pratiques journalistiques.

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