
AUTOSUFFISANCE EN MOUTONS DE TABASKI : UN SECTEUR À PLUS DE 1000 MILLIARDS FCFA À PROFESSIONNALISER

Le marché du mouton de Tabaski représente chaque année un potentiel économique estimé à plus de 1000 milliards de francs CFA. Face à une demande nationale en constante augmentation, plusieurs acteurs plaident pour une modernisation du secteur afin de permettre au Sénégal d’atteindre l’autosuffisance en moutons de Tabaski.
Cette ambition passe, selon eux, par un soutien renforcé à l’élevage pastoral et une accélération des coopératives agricoles communautaires orientées vers l’élevage. Plusieurs axes prioritaires ont été identifiés.
Le premier consiste à construire des forages pastoraux dans plus de 25 à 30 communes situées dans les corridors de transhumance, afin de faciliter l’accès à l’eau pour les éleveurs et leurs troupeaux.
Le deuxième point concerne la réussite du programme de plus de 5000 hectares d’ensilage de maïs destiné à sécuriser l’alimentation animale, particulièrement durant les périodes difficiles.
Les acteurs du secteur insistent également sur l’importance d’augmenter le taux de vaccination et de déparasitage des animaux pour améliorer la santé du cheptel et réduire les pertes.
Autre priorité évoquée : le soutien au nouveau programme du PRODAM portant sur 6000 géniteurs, en collaboration avec des organisations comme la FENAPO pour les ladoums, ainsi que 120 000 brebis. Le programme vise notamment à financer la production au profit des jeunes et des femmes à travers différents mécanismes comme le FONSTAB, le FADSR, le PNDIES ou encore le FSRP.
Parallèlement, les autorités sont invitées à encourager davantage le secteur privé à investir dans des fermes industrielles capables d’accueillir entre 500 et 1000 brebis par exploitation, avec un accent particulier sur l’amélioration génétique.
Les promoteurs de cette vision recommandent aussi de faciliter l’accès au foncier agricole auprès des collectivités territoriales afin de développer les cultures fourragères et garantir une alimentation animale à moindre coût.
Ils plaident en outre pour l’émergence de champions nationaux capables de produire des milliers de têtes de moutons chaque année, tout en renforçant le suivi vétérinaire et les programmes d’amélioration génétique.
Enfin, la lutte contre le vol de bétail apparaît comme un enjeu majeur. Les acteurs du secteur demandent le déploiement rapide d’un programme national de sécurisation du cheptel afin de protéger les investissements des éleveurs et renforcer la confiance dans la filière.
Pour certains porteurs de projets, des expériences pilotes déjà menées dans des fermes privées, notamment dans les domaines de la reproduction et des cultures fourragères, montrent qu’une autosuffisance en moutons de Tabaski reste possible à moyen terme si les investissements et l’accompagnement nécessaires sont mobilisés.





