
CHOC ÉNERGÉTIQUE : L’ÉTAT DÉBLOQUE 165,5 MILLIARDS FCFA POUR SÉCURISER L’APPROVISIONNEMENT DE LA SENELEC

Face aux députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a mis en lumière les fortes pressions exercées sur les finances publiques par la crise énergétique internationale, lors de la clôture des auditions ministérielles à l’Assemblée nationale, vendredi 15 mai.
Le ministre a particulièrement insisté sur les conséquences du « choc énergétique systémique » provoqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix mondiaux des hydrocarbures.
Dans ce contexte, l’État sénégalais a procédé à un décaissement anticipé de 165,5 milliards de francs CFA au profit du Fonds de soutien au secteur de l’énergie (FSE). Une mesure exceptionnelle destinée à garantir l’approvisionnement en combustible de la Senelec face à la flambée des coûts énergétiques.
Selon Cheikh Diba, cette injection massive explique en grande partie la forte hausse des transferts courants enregistrée au premier trimestre 2026.
« Cette situation reflète une gestion délibérément prudente et rigoureuse », a déclaré le ministre, évoquant les nombreuses incertitudes pesant sur l’évolution des prix du pétrole ainsi que sur les recettes pétrolières attendues par l’État.
Les chiffres présentés montrent qu’à fin mars 2026, les recettes du budget général se sont établies à 1 139,5 milliards de FCFA, tandis que les dépenses atteignaient 1 482,7 milliards, entraînant un déficit provisoire de 343,2 milliards de FCFA.
Dans le même temps, les investissements financés sur ressources internes ont été fortement réduits, ne représentant que 11,1 % des objectifs annuels, signe de la prudence budgétaire adoptée par les autorités.
Malgré ces tensions, le ministre des Finances a souligné une amélioration progressive de la situation de trésorerie. À la fin du mois d’avril, les recettes cumulées de l’État, estimées à 1 558 milliards de FCFA, ont de nouveau dépassé les dépenses ordonnancées sur ressources internes, évaluées à 1 103,2 milliards.
Cheikh Diba a également rappelé que l’année 2025 s’était soldée par des performances économiques jugées encourageantes, avec une croissance nationale de 6,7 %, soutenue par l’exploitation des hydrocarbures et la bonne tenue du secteur agricole.





