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CONTRÔLE DE L’ACTION PUBLIQUE : MOMATH TALLA NDAO DÉFEND LE RÔLE DES COMMISSIONS D’ENQUÊTE

a-la-une
19 oct. 2026
a-la-une

Les commissions d’enquête parlementaires sont-elles un instrument de contrôle de l’action publique ou un théâtre politique ? Face aux critiques du groupe parlementaire Takku Wallu, Momath Talla Ndao défend la légitimité de ces investigations. Invité de l’émission « Point de vue », le député de Pastef, qui préside la commission chargée d’enquêter sur la cession des immeubles du patrimoine bâti de l’État, a réaffirmé la volonté de la majorité de poursuivre les réformes engagées.

L’ancien secrétaire d’État à l’Urbanisme et au Logement a notamment rejeté les accusations de « théâtralisation » et de « cirque politique » formulées contre les commissions d’enquête. Pour lui, le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques font pleinement partie des prérogatives de l’Assemblée nationale. Ces mécanismes doivent permettre, selon lui, d’éclairer les Sénégalais sur la gestion des ressources et des biens appartenant à l’État.

Momath Talla Ndao insiste également sur le travail préparatoire réalisé avant les auditions, notamment les recherches documentaires, la préparation des questions et les vérifications contradictoires. Il reconnaît toutefois que la conduite de ces séances peut être améliorée, certains députés participant pour la première fois à ce type d’exercice.

Le parlementaire rappelle néanmoins qu’une commission d’enquête n’est pas un tribunal. Les auditions ne sauraient, à elles seules, établir la culpabilité des personnes entendues. Une précision qui intervient dans un contexte de controverses autour des méthodes de travail des commissions et de leur impartialité.

Le vote bloqué dans le viseur

Au-delà des commissions d’enquête, le député de Pastef a dénoncé le recours au vote bloqué, qu’il considère comme un obstacle aux initiatives parlementaires. À ses yeux, ce mécanisme contribue au maintien d’un système marqué par l’hyperprésidentialisme, alors que la majorité entend promouvoir un meilleur équilibre entre les institutions.

Momath Talla Ndao a également défendu les propositions de loi portées par les députés de son camp, notamment celles relatives à la réforme des fonds spéciaux et au contrôle parlementaire des contrats pétroliers. Il estime que ces initiatives traduisent des engagements pris devant les Sénégalais dans le cadre du programme « Diomaye Président ».

Les censures du Conseil constitutionnel et les difficultés rencontrées par certains textes ne remettent pas, selon lui, en cause la pertinence de ces réformes. Elles posent plutôt la question de la responsabilité politique et de la capacité de la majorité à concrétiser ses engagements électoraux.

« Nous sommes dans une dynamique de rupture, dans une dynamique où toutes les institutions doivent fonctionner correctement », a-t-il soutenu, réaffirmant la volonté des députés de poursuivre les changements annoncés.

Takku Wallu invité à aller au bout des enquêtes

Le retrait annoncé de Takku Wallu des commissions d’enquête constitue un autre sujet de désaccord. Momath Talla Ndao pointe ce qu’il considère comme une contradiction : le groupe parlementaire préside lui-même la commission consacrée aux questions foncières, dirigée par la députée Aïssata Tall Sall.

Selon lui, les parlementaires qui ont réclamé une enquête sur les questions foncières devraient poursuivre leurs travaux et en présenter les conclusions à l’opinion publique. Il invite ainsi Takku Wallu à expliquer les raisons de son retrait et les difficultés éventuellement rencontrées, plutôt que d’abandonner la mission engagée.

L’audition d’Abdou Karim Fofana au centre des critiques

En tant que président de la commission d’enquête sur la cession des immeubles du patrimoine bâti de l’État, Momath Talla Ndao est également revenu sur les accusations de partialité formulées par l’ancien ministre et directeur général Abdou Karim Fofana lors de son audition.

Le député rejette ces reproches et défend sa conduite des échanges. Il explique que les relances sont nécessaires lorsque les réponses apportées ne permettent pas d’obtenir les éclaircissements recherchés. Les tensions observées pendant cette audition seraient, selon lui, liées aux difficultés à maintenir les discussions dans le cadre des questions posées.

Tout en regrettant la polémique suscitée par cette séquence, il juge que l’audition s’est déroulée de manière satisfaisante. Il estime que les Sénégalais ayant suivi les échanges peuvent se faire leur propre opinion.

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