
DÉMOGRAPHIE : LE SÉNÉGAL FRANCHIT LE CAP DES 19 MILLIONS D’HABITANTS EN 2025

La photographie démographique du Sénégal en 2025 met en évidence une dynamique de croissance soutenue, mais surtout une répartition territoriale profondément inégale. Selon les données de l’ANSD issues des projections du RGPH-5, la population nationale atteint 19 075 959 habitants, avec une forte concentration dans les pôles urbains.
En tête, Dakar confirme son statut de cœur démographique et économique du pays. Avec 4 157 751 habitants, la région concentre à elle seule 21,8 % de la population totale. Elle devance largement les autres régions, illustrant un phénomène de macrocéphalie urbaine qui continue de structurer l’occupation du territoire.
Derrière la capitale, Thiès (13,56 %) et Diourbel (11,58 %) s’imposent comme des pôles démographiques majeurs. À elles trois, ces régions regroupent près de la moitié de la population nationale. En y ajoutant Kaolack (7,42 %), plus de 54 % des Sénégalais sont concentrés dans seulement quatre régions, confirmant une polarisation spatiale forte.
À l’échelle intermédiaire, des régions comme Saint-Louis (6,60 %), Louga (6,22 %) ou encore Tambacounda (5,50 %) affichent des poids démographiques significatifs, sans toutefois rivaliser avec les grands centres urbains.
En revanche, plusieurs territoires restent en marge de cette dynamique. Kédougou, avec seulement 1,36 % de la population, apparaît comme la région la moins peuplée du pays. Elle est suivie par Sédhiou (3,28 %) et Ziguinchor (3,36 %), traduisant des déséquilibres persistants entre l’ouest urbanisé et les régions périphériques.

Sur le plan de la structure par sexe, les équilibres restent globalement stables. Les hommes sont légèrement majoritaires (9,67 millions) contre 9,4 millions de femmes, soit 49 % de la population. Toutefois, certaines régions comme Diourbelprésentent une légère prédominance féminine, signe de dynamiques migratoires ou socio-économiques spécifiques.
Ces données confirment une tendance lourde : la croissance démographique du Sénégal s’accompagne d’une urbanisation accélérée et d’une concentration dans les régions à forte attractivité économique. En creux, elles posent la question de l’aménagement du territoire, de l’équilibre régional et de l’accès équitable aux services sociaux de base.
À moyen terme, la maîtrise de ces déséquilibres apparaît comme un enjeu stratégique pour les politiques publiques, dans un contexte où la pression démographique continue de s’intensifier.





