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LA BAD SALUE UNE CROISSANCE DE 8,3 % ET UNE INFLATION MAÎTRISÉE DE 1,4 % AU SÉNÉGAL

a-la-une
29 juin 2026
a-la-une

Le Sénégal confirme son statut parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique, porté par le démarrage de l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières. C’est l’un des principaux enseignements du rapport Perspectives économiques en Afrique 2026 de la Banque africaine de développement (BAD). Si les indicateurs macroéconomiques témoignent d’une nette amélioration, l’institution panafricaine alerte néanmoins sur les risques liés à un endettement élevé et à des besoins de financement considérables.

L’économie sénégalaise a enregistré une croissance de 8,3 % en 2025, après une progression déjà soutenue de 6,9 % en 2024. Une performance qui place le pays parmi les locomotives économiques du continent. Selon la BAD, cette accélération repose principalement sur l’essor du secteur secondaire, dont la croissance a atteint 21 %, grâce à la montée en puissance de la production pétrolière et gazière.

Les autres secteurs ont également participé à cette dynamique. L’agriculture, l’élevage et la pêche ont permis au secteur primaire d’afficher une progression de 7,4 %, tandis que les services ont enregistré une hausse plus modérée de 3,3 %.

Les hydrocarbures, principal moteur de la croissance

Du côté de la demande, les exportations constituent l’autre grand levier de cette performance. Elles ont progressé de 22,7 % en 2025, essentiellement sous l’effet des ventes d’hydrocarbures sur les marchés internationaux. Dans le même temps, la consommation des ménages et les dépenses publiques sont restées soutenues, contribuant à maintenir une forte activité économique.

La Banque africaine de développement estime que cette dynamique devrait se poursuivre en 2026 et 2027, même si les incertitudes géopolitiques et économiques mondiales demeurent susceptibles d’affecter les perspectives.

Une inflation contenue et des équilibres macroéconomiques en amélioration

Le rapport souligne également la bonne maîtrise de l’inflation. Celle-ci s’est établie à 1,4 % en 2025 contre 0,8 % un an plus tôt, un niveau relativement faible, favorisé par les subventions publiques sur les produits énergétiques et alimentaires.

Les finances publiques montrent aussi des signes d’amélioration. Le déficit budgétaire est passé de 10,9 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 8,4 % en 2025. Cette trajectoire devrait se poursuivre avec un déficit projeté à 7,9 % en 2026 puis à 7,2 % en 2027.

Le commerce extérieur bénéficie également de l’entrée en production des hydrocarbures. Le déficit du compte courant s’est réduit de manière significative, passant de 13,8 % du PIB en 2024 à 9,2 % en 2025. La BAD anticipe une poursuite de cette amélioration au cours des deux prochaines années.

Sur le plan financier, le système bancaire demeure résilient. Le ratio de solvabilité des banques atteint 14,2 %, un niveau supérieur aux exigences réglementaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Des défis sociaux persistants

Malgré ces performances macroéconomiques, les bénéfices de la croissance ne se traduisent pas encore pleinement dans les indicateurs sociaux.

Le rapport relève que le taux de pauvreté demeure élevé à 37,5 %, tandis que le Sénégal occupe le 169e rang mondial selon l’Indice de développement humain (IDH). Le chômage élargi reste également préoccupant, avec un taux estimé à 19,2 %.

Ces indicateurs illustrent le défi majeur auquel le pays est confronté : transformer une croissance portée par les hydrocarbures en une croissance plus inclusive, capable de créer davantage d’emplois et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

La dette, principal sujet d’inquiétude

Si les perspectives économiques apparaissent favorables, la BAD insiste sur la nécessité de renforcer la soutenabilité des finances publiques.

Les besoins de financement du Sénégal sont estimés à 6 075 milliards de francs CFA en 2026, soit 26,2 % du PIB. Plus préoccupant encore, près des trois quarts de ces ressources devraient être consacrés au remboursement de la dette.

La Banque rappelle par ailleurs que le ratio dette publique/PIB atteignait 132 % à la fin de l’année 2024, soulignant le poids croissant du service de la dette sur les finances de l’État.

Les recommandations de la BAD

Pour préserver les perspectives de croissance et réduire les vulnérabilités budgétaires, la Banque africaine de développement recommande au Sénégal d’accélérer la mobilisation des recettes fiscales, d’élargir le recours aux financements privés, verts et innovants et de développer davantage les obligations destinées à la diaspora.

L’institution met également en avant le rôle du marché financier régional de l’UEMOA, où le Sénégal s’est hissé au deuxième rang des émetteurs en 2025 avec plus de 2 224 milliards de francs CFA mobilisés.

Enfin, la BAD estime que la réussite de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » dépendra autant de la poursuite des réformes économiques que du renforcement de la transparence, de la gouvernance publique et de la discipline budgétaire. Autant de conditions jugées indispensables pour maintenir la confiance des investisseurs et inscrire durablement le pays sur une trajectoire de croissance forte, résiliente et inclusive.

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