
LOCATION-VENTE, ÉPARGNE-LOGEMENT : LES NOUVELLES PISTES POUR ACCÉDER À LA PROPRIÉTÉ AU SÉNÉGAL

Invité de l’émission Point de vue sur la RTS, le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, a exposé les grandes lignes de la nouvelle politique de l’État face à la crise du logement. Il a d’emblée décrit une crise structurelle, nourrie par l’urbanisation rapide et la croissance démographique, mais aussi par les limites des politiques publiques passées. Revenant sur l’historique du secteur, il a évoqué l’affaiblissement progressif du rôle des sociétés publiques comme la SNHLM ou la SICAP, ainsi que les résultats jugés insuffisants du programme des 100 000 logements, en raison notamment de problèmes de gouvernance et de gestion du foncier.
Pour rompre avec cette dynamique, l’exécutif mise sur une nouvelle approche structurante baptisée « cités de la transformation ». Cette stratégie vise à relancer la production de logements tout en l’inscrivant dans une logique d’aménagement urbain intégré. Les sites de Mbour 4 et Daga Kholpa, déjà ciblés par les autorités, doivent servir de leviers pour développer de véritables pôles urbains planifiés, avec infrastructures et équipements. Selon le secrétaire d’État, cette logique s’inscrit dans une vision plus large portée par le président de la République et le Premier ministre, qui privilégie le développement de nouvelles centralités urbaines.
Au-delà de ces grands projets, la stratégie repose sur une territorialisation assumée de la politique du logement. Le gouvernement prévoit la réalisation d’environ 18 cités réparties dans les différents pôles territoriaux afin de réduire la pression sur Dakar et favoriser l’installation des populations à l’intérieur du pays. Ces projets, conçus comme des modèles réplicables, combineront logements sociaux, villas et logements locatifs. L’idée est de proposer des solutions flexibles, adaptées aux contraintes budgétaires, avec des projets à taille maîtrisée mais rapidement réalisables.
Pour accélérer la mise en œuvre, l’État entend mobiliser l’ensemble de l’écosystème. Promoteurs publics, promoteurs privés et coopératives seront intégrés dans un dispositif coordonné visant à stimuler une production massive. Les autorités comptent notamment s’appuyer sur les coopératives disposant déjà de foncier et de capacités organisationnelles, tout en recensant les promoteurs capables de lancer rapidement des projets. Cette relance s’accompagnera d’un accent particulier sur la gouvernance, avec la promesse de plus de transparence et de coordination dans un secteur souvent marqué par des conflits et une perte de confiance.
La dimension sociale reste centrale dans la stratégie annoncée. Le gouvernement veut faciliter l’accès au logement pour les ménages exclus du crédit bancaire, notamment ceux du secteur informel. Parmi les pistes avancées figurent la location-vente, permettant aux locataires de devenir progressivement propriétaires, ainsi que des produits d’épargne-logement adaptés, développés en collaboration avec la Banque de l’Habitat du Sénégal. Parallèlement, des réformes sont envisagées pour renforcer les mécanismes de financement, notamment via le Fonds pour l’habitat social et des partenariats avec des institutions financières.
Enfin, Momath Talla Ndao a affiché un calendrier ambitieux. Des discussions sont en cours avec plusieurs acteurs financiers pour mobiliser des ressources longues et sécuriser les projets. L’objectif affiché par les autorités est clair : restaurer la confiance dans le secteur, relancer rapidement la production et amorcer les premières livraisons de logements dès 2026, dans le cadre des priorités fixées par la stratégie nationale de développement.





