
MÉDIATION FINANCIÈRE : PRÈS DE 7 MILLIARDS FCFA RESTITUÉS AUX USAGERS, LE SÉNÉGAL VEUT RENFORCER LA CONFIANCE DANS SON SYSTÈME FINANCIER

Les premières Assises de la médiation et de l’éducation financières se sont ouvertes jeudi à Dakar, réunissant régulateurs, banques, compagnies d’assurances, institutions de microfinance, fintechs et organisations de consommateurs autour d’un même objectif : consolider la confiance entre les citoyens et les institutions financières.
À l’ouverture des travaux, le Secrétaire exécutif de l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) a présenté un bilan jugé encourageant de la médiation financière au Sénégal. Depuis sa mise en place, près de 5 000 dossiers ont été examinés, permettant aux usagers de récupérer près de 7 milliards de francs CFA qui auraient pu rester bloqués dans des contentieux ou des différends non résolus.
Les chiffres de l’année 2025 témoignent d’une montée en puissance du dispositif. Quelque 475 nouveaux dossiers ont été enregistrés, contre 379 en 2024, soit une progression de 25 %. Dans le secteur des assurances, la dynamique est encore plus forte avec 118 dossiers traités contre 71 l’année précédente, représentant une hausse de 66 %.
Au-delà du volume des dossiers, le taux de résolution constitue l’un des principaux indicateurs mis en avant. Près de neuf litiges sur dix ont été réglés à l’amiable et sans frais pour les parties concernées, illustrant l’efficacité croissante du mécanisme de médiation.
Ces résultats interviennent alors que le paysage financier sénégalais connaît de profondes mutations. L’essor des fintechs, la généralisation des paiements mobiles, la digitalisation des services d’assurance et la modernisation de la microfinance ont considérablement facilité l’accès des populations aux services financiers.
Toutefois, cette évolution rapide soulève de nouveaux défis liés à la protection des consommateurs. Les participants aux Assises ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer l’éducation financière des citoyens afin qu’ils puissent mieux comprendre les produits qu’ils utilisent, connaître leurs droits et identifier les recours disponibles en cas de litige.
Dans un environnement marqué par l’émergence de l’intelligence artificielle et la complexification croissante des produits financiers, les experts estiment que le manque de connaissances financières peut exposer les usagers au surendettement, aux fraudes ou encore à une exclusion involontaire du système financier formel.
« Une population financièrement connectée n’est pas nécessairement une population financièrement protégée », ont rappelé plusieurs intervenants, soulignant l’importance d’accompagner l’inclusion financière par des programmes de sensibilisation adaptés.
À travers ces premières Assises, les autorités et les acteurs du secteur affichent l’ambition de faire du Sénégal une référence continentale en matière de médiation et d’éducation financières. Les échanges devraient déboucher sur une série de recommandations destinées à renforcer la protection des consommateurs et à promouvoir un système financier plus inclusif, transparent et accessible.





