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PJF : EL HADJI ALIOUNE ABDOULAYE SYLLA RÉAFFIRME L’IMPÉRATIF D’UNE JUSTICE AFFRANCHIE DU STATUT DES JUSTICIABLES

a-la-une
11 sept. 2026
a-la-une

Invité de la nouvelle émission « Sans filtre » de la RTS, le procureur de la République financier près le Pool judiciaire financier (PJF), El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, a réaffirmé la vocation du parquet financier à traiter les affaires qui lui sont soumises sans considération du profil des personnes concernées. Il a, dans le même temps, plaidé pour un renforcement des moyens humains et la création d’une unité d’enquête spécialisée afin d’accélérer le traitement des dossiers.

Le statut social, la notoriété ou l’appartenance politique ne sauraient, selon El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, constituer des critères déterminants dans l’action du Pool judiciaire financier. Le procureur de la République financier défend une approche fondée exclusivement sur les faits et leur éventuelle qualification pénale.

Le magistrat a ainsi souligné que les procédures engagées par le PJF peuvent concerner des profils particulièrement diversifiés : personnalités politiques, hommes d’affaires sénégalais ou étrangers, mais également simples particuliers. Une diversité qui, à ses yeux, traduit la volonté de l’institution de ne pas établir de distinction entre les justiciables.

« Cela montre simplement qu’on ne s’attarde pas sur l’identité ou le statut des personnes », a déclaré le procureur financier.

Les faits avant le statut

Pour El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, l’élément déterminant dans l’ouverture d’une procédure demeure l’existence de faits susceptibles de recevoir une qualification pénale. Le parquet financier entend ainsi inscrire son action dans une logique strictement judiciaire, éloignée de toute considération liée à la personnalité des personnes mises en cause.

« Ce qui nous intéresse, c’est que quand on est face à des faits qui sont susceptibles de revêtir une qualification pénale, on initie des poursuites pour préserver les deniers de l’État », a-t-il expliqué.

Cette conception prend une résonance particulière dans le contexte du traitement par le PJF de nombreux dossiers relatifs notamment à des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption ou encore de blanchiment de capitaux.

Mais l’action du parquet financier, rappelle son chef, ne saurait se concevoir en dehors des principes fondamentaux qui encadrent toute procédure judiciaire. Le procureur a notamment insisté sur la présomption d’innocence ainsi que sur les droits de la défense, deux garanties essentielles pour les personnes poursuivies.

L’objectif, selon lui, est de permettre à chaque justiciable, « quels que soient son statut », de bénéficier d’un procès équitable.

Le PJF veut renforcer ses ressources humaines

Au-delà des principes qui guident l’action du parquet financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla a également mis en avant les contraintes liées à la complexité des dossiers traités par son institution.

Face à des affaires souvent caractérisées par leur technicité, le procureur estime nécessaire de renforcer les effectifs du PJF, notamment à travers le recrutement d’assistants spécialisés. Ces compétences supplémentaires devraient, selon lui, contribuer à améliorer la célérité et l’efficacité du traitement des procédures.

« C’est un domaine technique et il nous faut ces ressources humaines qui vont accélérer les procédures et qui vont faire que les juges vont gagner en efficacité dans le traitement des dossiers qui sont soumis à leur institution », a-t-il déclaré.

Le processus de recrutement devrait d’ailleurs connaître un début de concrétisation dans les prochaines semaines. Le procureur financier a annoncé le lancement prochain d’un appel à candidature.

« L’appel à candidature va se faire incessamment et je pense que c’est un problème qui sera bientôt derrière nous », a-t-il assuré.

Une unité d’enquête spécialisée en perspective

Le renforcement des ressources humaines ne constitue toutefois pas le seul chantier identifié par le parquet financier. El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla plaide également pour la mise en place d’une unité d’enquête spécialisée directement rattachée au Pool judiciaire financier.

Une telle structure permettrait, selon lui, de rapprocher davantage les capacités d’investigation des exigences spécifiques des dossiers financiers et économiques traités par le PJF.

« Si on a ces unités mises en place, le travail va se faire plus rapidement et plus efficacement », a-t-il soutenu.

Le procureur financier assure que la question est prise en compte par les autorités et que des avancées significatives sont en cours en vue de concrétiser cette réforme.

Pour El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, l’efficacité de la justice financière passe ainsi autant par la rigueur dans l’application de la loi que par le renforcement des capacités humaines et institutionnelles de la juridiction.

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