
RÉFORME DE L’OIT : LE SÉNÉGAL PLAIDE POUR UNE RÉFORME ÉQUITABLE DE LA GOUVERNANCE MONDIALE DU TRAVAIL

Depuis le 24 mars 2026, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, Olivier Boucal, prend part à la 356e session du Conseil d’administration de Organisation internationale du Travail (OIT), qui se tient jusqu’au 2 avril. Cette instance stratégique, véritable organe exécutif de l’institution, fixe les orientations politiques, budgétaires et programmatiques de l’organisation.
Dans ce cadre, le ministre sénégalais s’est illustré en portant la voix du Groupe africain lors des discussions relatives au suivi de la Déclaration de l’OIT sur la justice sociale. Une intervention structurée autour d’un impératif : renforcer l’efficacité des discussions récurrentes, levier essentiel pour promouvoir le travail décent à l’échelle mondiale.
Sur le plan technique, Dakar, à travers son représentant, a plaidé pour une montée en qualité des outils analytiques mobilisés. Il s’agit notamment d’améliorer la pertinence des rapports soumis aux États membres, de consolider les synergies entre les objectifs stratégiques de l’organisation, mais aussi d’intégrer davantage les interactions avec les autres institutions internationales. À cela s’ajoute un enjeu de gouvernance opérationnelle : assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre des recommandations issues des conférences.
Dans cette dynamique, le Groupe africain a appuyé la nécessité de consolider le rôle des discussions récurrentes dans la capacitation des États membres. Il a également insisté sur l’intégration systématique de leurs conclusions dans les processus de planification et de budgétisation de l’organisation, traduisant une volonté d’ancrer davantage les décisions dans une logique d’impact.
Au-delà des considérations techniques, le Sénégal a également ouvert le chantier plus politique de la réforme de la gouvernance de l’OIT. Intervenant au nom de son pays, Olivier Boucal a plaidé pour une démocratisation accrue de l’organe de gouvernance, notamment à travers une révision des critères de détermination des États à forte importance industrielle. Une position qui s’inscrit dans une vision d’équité et d’adaptation aux mutations contemporaines de l’économie mondiale.
Le ministre a ainsi appelé à une révision de la Constitution de 1986 de l’OIT, dans une approche inclusive et transparente. Il a proposé la mise en place d’un comité d’experts indépendant pour piloter ce processus, tout en soulignant l’importance de préserver les acquis institutionnels existants.
En marge des travaux, la séquence diplomatique s’est poursuivie avec un entretien bilatéral entre Olivier Boucal et Jacqueline Ilogué Bignoumba, ministre du Travail du Gabon. Les échanges ont porté notamment sur les dynamiques de coopération en matière de dialogue social et de formation professionnelle.
Le ministre a profité de cette tribune internationale pour faire le point sur les préparatifs du 24e Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail, que le Sénégal s’apprête à accueillir à Dakar en 2027, confirmant ainsi son positionnement croissant dans l’agenda global du travail et de la protection sociale.





