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SERIGNE BABACAR SY, BOROM BONNET CARRÉ BI : L’HÉRITAGE D’UNE LUMIÈRE SPIRITUELLE

a-la-une
25 mars 2026
a-la-une

Né en 1885 à Saint-Louis, Serigne Babacar Sy s’inscrit dès l’origine dans une trajectoire marquée par la baraka et la faveur divine. Fils de Seydi El Hadji Malick Sy et de Sokhna Rokhaya Ndiaye, il grandit dans un environnement où la science (‘ilm) et la spiritualité (tasawwuf) ne faisaient qu’un. Très tôt, il se distingue par une gravité inhabituelle, une retenue naturelle et un attachement profond à l’adoration (‘ibâda). Là où d’autres s’adonnent aux jeux de l’enfance, lui se consacre à l’apprentissage du Coran, à la méditation et au dhikr, comme mû par une orientation intérieure déjà accomplie.

Sa formation auprès de grands maîtres lui permet d’acquérir une maîtrise précoce du fiqh, des hadiths et des sciences du langage, mais c’est surtout la tarbiyya, cette éducation de l’âme, qui façonne sa personnalité. La tradition rapporte que dès ses premiers instants, il manifesta des signes d’élection, comme pour attester que son existence relevait d’un décret qui dépasse l’entendement humain. Lui-même affirmera plus tard, dans une formule révélatrice de cette conscience spirituelle : « Même si j’étais né dans une famille non musulmane, ma destinée serait d’être le khalife de Cheikh Ahmed Tijani. » Une parole qui ne relève ni de l’orgueil ni de la prétention, mais de la certitude intérieure de celui qui connaît son chemin.

Le khalifat comme « Amana » : une mission assumée devant Allah

En 1922, au rappel à Dieu de Seydi El Hadji Malick Sy, la communauté tidiane est confrontée à une épreuve majeure. L’œuvre est immense, les attentes nombreuses, les incertitudes réelles. À 37 ans, Serigne Babacar Sy accède au khalifat, portant cette charge comme une « Amana », un dépôt sacré dont il devra répondre devant Allah.

Face aux hésitations de certains, il rappelle avec fermeté que sa désignation procède d’un décret irrévocable : « Les tenants de la confrérie ont fait de moi le successeur de El Hadji Malick Sy bien avant sa disparition. Et même si j’étais issu de n’importe quelle autre famille, je serais le khalife. » Dans une autre formule restée célèbre, il tranche avec autorité : « Il n’y a que deux places ici : celle du khalife et celle du disciple. Pour la première, j’y suis déjà assis. »

Mais derrière cette fermeté se cache une conscience aiguë de la responsabilité. Pendant trente-cinq années, il s’attache à préserver l’héritage de Maodo sans altération, tout en l’inscrivant dans les réalités de son temps. Il met en place les dahiras en 1932, cadres de formation, de dhikr et de fraternité, et rappelle aux disciples les fondements d’une vie équilibrée à travers ses cinq recommandations : « seen diine, seen métier, seen tariqa, seen dahira, seen yoonu Tivaouane ». Une synthèse remarquable où la foi, le travail licite et l’engagement communautaire se conjuguent harmonieusement.

L’istiqâma comme principe : une éthique rigoureuse et incarnée

Au cœur de l’enseignement de Serigne Babacar Sy se trouve l’istiqâma, la droiture constante, indéfectible. Il ne s’agit pas seulement d’un principe, mais d’une discipline de vie. La foi (îmân) ne peut être sincère sans une conformité absolue du comportement (akhlaq).

Ses célèbres maximes sur le « gor » constituent une véritable charte morale :
« Gor du tiit ba fenn » (l’homme digne ne ment pas, même sous la peur),
« Gor du jaxle ba sacc » (il ne vole pas, même sous la pression),
« Gor du xam fakk » (il ne renie pas ses engagements),
« Gor du japp bayyi » (il ne trahit pas ce qu’il tient),
« Gor du soppeku » (il ne change pas selon les circonstances).

Ces paroles traduisent une vision exigeante de l’homme, appelé à vivre sous le regard constant d’Allah, dans la vérité (sidq), la fidélité (wafâ) et la crainte révérencielle (taqwâ). Sa vie elle-même est une illustration de cette rigueur : refus catégorique de l’injustice, sens aigu de la réparation, fidélité absolue à la parole donnée. Lorsqu’il promet son soutien, il ne revient jamais en arrière, affirmant implicitement que la parole engage devant Dieu.

Même dans les détails du quotidien, cette éthique s’impose. Lorsqu’un tort est causé, il le répare avec générosité. Lorsqu’une règle est établie, il s’y conforme sans exception. Car pour lui, la moindre entorse à la droiture constitue une faille dans la relation avec le Divin.

Une présence spirituelle agissante et un héritage à incarner

Le 25 mars 1957, Serigne Babacar Sy est rappelé à DIEU après une vie entièrement vouée à Son service. Mais l’homme de DIEU ne disparaît pas ; il demeure à travers son œuvre, ses enseignements et la lumière qu’il a laissée dans les cœurs.

Aujourd’hui encore, son nom est invoqué, ses paroles méditées, son exemple recherché. Il est ce « trésor de droiture » dont parlent ses héritiers, cette référence silencieuse qui continue d’orienter les consciences. Les dahiras, les mouvements de jeunes, les disciples dispersés à travers le monde témoignent de la vitalité d’un héritage qui refuse de s’éteindre.

Mais cet héritage est aussi une responsabilité. Il interpelle chaque génération : sommes-nous à la hauteur de cette voie ? Avons-nous compris la portée de cette exigence morale ? Serigne Babacar Sy lui-même, à travers son attitude et ses enseignements, semble répondre que la véritable fidélité ne réside pas dans les paroles, mais dans les actes.

En définitive, son message demeure d’une actualité saisissante : vivre dans la sincérité (ikhlâs), persévérer dans la droiture (istiqâma) et se tenir, en toute circonstance, dans la vérité. Car, comme le suggère toute sa trajectoire, la proximité d’Allah ne se revendique pas : elle se construit, dans le silence des actes et la constance du cœur.

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