
đđđđđđđ đÌ đđđđđđ đđđđđđđđ đđđđđđđđđđđ (đđđđâđđđđ) par đđđĄ đđąđđ§đ , sđđ«đŻđąđđđźđ« đđ đđĄđđąđ€đĄđ§đ đđĄđđąđ€đĄ đđđđđđšđźđĄ

Aujourdâhui, le ciel a pleurĂ©. Une pluie fine, douce, sans tonnerre ni Ă©clat, est descendue sur Dakar, comme si les cieux avaient eux aussi appris la nouvelle et quâils avaient choisi de pleurer en silence.
Car aujourdâhui, un homme de Dieu nous a quittĂ©s. Aujourdâhui, nous avons perdu Cheikh Saadou Abihi. Et son nom, Ă lui seul, semble raconter quelque chose de son destin.
Saadou Abihi : le bonheur de son pĂšre.
Il fut le bonheur de son pĂšre ici-bas. Il fut aussi le bonheur de ses pairs, le rĂ©confort de ses disciples et la consolation de tant de cĆurs Ă©prouvĂ©s. Il fut le refuge de ceux qui souffraient, la prĂ©sence rassurante de ceux qui cherchaient une parole, une priĂšre ou une bĂ©nĂ©diction.
Et aujourdâhui, celui qui fut le bonheur de son pĂšre et de ses pairs est retournĂ© vers son PĂšre CrĂ©ateur.
Ă 90 ans, Cheikh Saadbouh Taqiyoullah sâen est allĂ©. Il sâen est allĂ© aprĂšs une vie dâeffacement, de piĂ©tĂ©, de sagesse, de gĂ©nĂ©rositĂ© et de service.
Il appartenait Ă cette gĂ©nĂ©ration rare dâhommes de Dieu qui ne recherchaient ni la lumiĂšre des projecteurs, ni les honneurs des hommes. Il avait choisi lâombre. Il avait choisi la simplicitĂ©. Il avait choisi de vivre loin du bruit, alors mĂȘme que sa lumiĂšre aurait pu Ă©clairer tant de chemins.
Il aura fallu que lâimamat le fasse connaĂźtre au grand public alors quâil avait dĂ©jĂ atteint lâĂąge des octogĂ©naires pour que beaucoup dĂ©couvrent enfin celui que les cĆurs pieux connaissaient dĂ©jĂ .
Un homme humble. Un homme pieux. Un ascĂšte. Un soufi dans lâĂąme.
Lorsque vint le moment de porter le lourd manteau du khalifat, son humilitĂ© le poussa presque Ă se retirer. Mais Dieu avait peut-ĂȘtre dĂ©jĂ choisi Son serviteur pour une mission plus grande que lui.
Il fallait préserver la cohésion. Il fallait rassembler. Il fallait redonner confiance. Et personne ne semblait plus apte que lui à porter cette responsabilité avec douceur, sagesse et sérénité.
Durant son khalifat, Cheikh Saadbouh Taqiyoullah a redonnĂ© vie Ă la TarĂźqa QĂądiriyya et rendu Ă sa jeunesse une raison dâespĂ©rer. Sous son autoritĂ©, les familles se sont rapprochĂ©es. Les cĆurs se sont retrouvĂ©s.
Et nous avons Ă©tĂ© tĂ©moins dâune image devenue presque historique : autant de descendants du ProphĂšte(PSL) rĂ©unis autour de lui, accompagnant les tournĂ©es de la lĂ©gendaire Khayma.
Il avait rĂ©ussi lĂ oĂč tant dâhommes Ă©chouent : rassembler sans imposer, diriger sans Ă©craser, ĂȘtre reconnu sans jamais se mettre en avant.
Il ne cherchait pas la baraka. Il la distribuait. Il ne demandait pas aux hommes de lui donner. Il donnait.
à ceux qui venaient avec leurs peines, il offrait une écoute. à ceux qui venaient avec leurs blessures, il offrait une présence. à ceux qui venaient chercher une grùce, il offrait une priÚre. Et à ceux qui venaient chercher Dieu, il indiquait le chemin avec cette simplicité qui était devenue sa marque.
Il Ă©tait dâun calme presque surnaturel. Dâune simplicitĂ© dĂ©sarmante. Dâune gĂ©nĂ©rositĂ© silencieuse. Il nâavait pas besoin de grands discours pour imposer le respect. Sa prĂ©sence parlait pour lui.
Il Ă©tait Ă©galement de ces hommes qui savaient que la fraternitĂ© de lâIslam est plus grande que les frontiĂšres des confrĂ©ries. Il Ă©tait lâami des Khalifes et des grandes figures des diffĂ©rentes voies spirituelles.
Il entretenait notamment une relation particuliÚre avec Serigne Mountakha, avec lequel il avait partagé sa jeunesse dans les écoles coraniques de Mauritanie.
Il savait que les chemins peuvent ĂȘtre diffĂ©rents, mais que la destination est la mĂȘme : Allah.
Aujourdâhui, câest donc toute la Oumma qui pleure. La QĂądiriyya pleure son Khalife. La jeunesse QĂądiriyya pleure son refuge. Les pauvres pleurent une main gĂ©nĂ©reuse. Les quĂȘteurs de grĂące pleurent une porte qui leur Ă©tait ouverte. Et Dakar pleure lâune de ses silhouettes les plus familiĂšres.
Les rues de Gueule TapĂ©e ne verront plus, aprĂšs Fajr, cette silhouette paisible qui avançait humblement dans le silence du matin. Cette prĂ©sence qui rassurait. Cette lumiĂšre qui marchait parmi les hommes sans jamais chercher Ă ĂȘtre regardĂ©e.
Demain, nous sortirons aprĂšs la priĂšre. Les rues seront toujours lĂ . Les maisons seront toujours lĂ . Le soleil se lĂšvera encore. Mais quelque chose aura changĂ©. Une lumiĂšre manquera. Et câest peut-ĂȘtre cela, le plus difficile dans la mort des hommes de Dieu :
Ce nâest pas seulement leur absence que nous pleurons. Câest le monde qui paraĂźt soudain un peu plus sombre aprĂšs leur dĂ©part.
CheikhnaâŠ
Vous qui ne recherchiez rien de ce monde, vous qui avez vĂ©cu dans lâeffacement, vous qui avez consacrĂ© vos derniĂšres annĂ©es Ă rassembler les cĆurs, voici que les cĆurs que vous avez rassemblĂ©s sont aujourdâhui rĂ©unis dans les larmes pour vous accompagner vers votre derniĂšre demeure, Ă Nimjat.
Nous ne pouvons plus vous demander une priĂšre. Nous ne pouvons plus venir chercher auprĂšs de vous cette parole qui calmait nos inquiĂ©tudes. Nous ne pouvons plus espĂ©rer vous apercevoir au dĂ©tour dâune rue aprĂšs Fadjr. Nous ne pouvons plus vous dire : « Cheikhna, priez pour nous. »
Alors, aujourdâhui, câest nous qui prions pour vous.
QuâAllah vous pardonne. QuâAllah illumine votre tombe. QuâAllah lâĂ©largisse Ă perte de vue. QuâAllah vous accorde le repos auprĂšs de Ses serviteurs bien-aimĂ©s.
Et surtoutâŠ
Puisse Allah vous faire lâhonneur immense dâĂȘtre Ă©levĂ© dans la civiĂšre dorĂ©e de Cheikh Sidi Othman, cette civiĂšre bĂ©nie qui avait servi Ă porter et Ă Ă©lever ce grand serviteur de Dieu.
Puisse cette civiĂšre vous conduire vers les demeures de lumiĂšre. Puisse-t-elle vous rapprocher de vos ancĂȘtres pieux. Puisse-t-elle vous conduire jusquâĂ votre aĂŻeul bien-aimĂ©, Seydina Mouhamed, dans la paix, la lumiĂšre et la proximitĂ© divine.
Et lorsque vous serez arrivĂ© auprĂšs de ceux qui vous ont prĂ©cĂ©dĂ©, dites-leur simplement que nous sommes restĂ©s derriĂšre vous. Dites-leur que nous pleurons. Dites-leur que votre dĂ©part nous a brisĂ© le cĆur.
Mais dites-leur aussi que nous essaierons de prĂ©server ce que vous nous avez laissĂ© : la foi, lâhumilitĂ©, la fraternitĂ©, la gĂ©nĂ©rositĂ© et lâamour.
Car un homme comme vous ne meurt pas vraiment. Son corps retourne Ă la terre. Mais sa baraka demeure. Ses priĂšres demeurent. Son Ćuvre demeure. Son exemple demeure. Et dans les cĆurs de ceux qui vous ont aimĂ©, Cheikh Saadbouh Taqiyoullah demeurera vivant.
Aujourdâhui, le ciel a pleurĂ©. Parce quâun de ses amis vient de retourner vers Lui. Parce que la terre vient de perdre lâun de ses hommes les plus discrets. Parce que les anges sont venus chercher celui dont le nom mĂȘme signifiait : le bonheur de son pĂšre.
CheikhnaâŠ
Vous avez été le bonheur de votre pÚre. Vous avez été le bonheur de vos pairs. Vous avez été le réconfort de vos disciples. Vous avez été un refuge pour les éprouvés. Vous avez été une lumiÚre pour la Qùdiriyya.
Et maintenant, vous ĂȘtes retournĂ© vers Celui auprĂšs de qui toute Ăąme retourne. Reposez en paix, fils du Proche de Dieu : Taqiyoullah.
Que votre tombe soit un jardin parmi les jardins du Paradis. Que votre hĂ©ritage ne sâĂ©teigne jamais. Que la jeunesse QĂądiriyya continue de porter votre flambeau. Et que ceux qui vous ont aimĂ© soient dignes, un jour, de vous retrouver dans la demeure Ă©ternelle, Ă Nimjat.
Inna lillahi wa inna ilayhi rajiâun. Nous appartenons Ă Allah et câest vers Lui que nous retournons.
Adieu, Cheikhna.
Votre dĂ©part nous arrache des larmes. Mais votre souvenir nous oblige Ă relever la tĂȘte. Vous ĂȘtes parti dans le silence dâune pluie fine. Puissiez-vous ĂȘtre accueilli dans la lumiĂšre Ă©ternelle de votre Seigneur, auprĂšs de votre homonyme, Cheikhna Cheikh Saadbouh. Que la civiĂšre dorĂ©e de Cheikh Sidi Othman vous porte vers les demeures de lumiĂšre. Que votre rencontre avec ceux qui vous ont prĂ©cĂ©dĂ© soit une rencontre de paix. Et que votre Ăąme soit accueillie avec amour par Celui que vous avez servi toute votre vie.
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