
CNRM : LE GOUVERNEMENT LANCE LE RECRUTEMENT DES MEMBRES DU COLLÈGE DE LA NOUVELLE AUTORITÉ DE RÉGULATION DES MÉDIAS

Le Gouvernement du Sénégal franchit une nouvelle étape dans la mise en place du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), appelé à succéder au Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA). Dans le cadre de l’installation de cette nouvelle architecture institutionnelle, un appel à candidatures est lancé pour le recrutement des membres du Collège de l’autorité.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté affichée des pouvoirs publics de consolider le rôle du secteur des médias dans le renforcement de la démocratie et de l’État de droit. L’objectif est notamment de garantir l’effectivité des libertés individuelles et collectives, ainsi que le droit des citoyens à une information pluraliste et accessible.
La création du CNRM intervient dans un contexte de profondes mutations du paysage médiatique sénégalais. La loi n° 2026-09 du 10 avril 2026, portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Régulation des Médias, institue une autorité administrative indépendante dotée de l’autonomie financière et rattachée à la Présidence de la République.
Les dossiers de candidature devront être transmis exclusivement en ligne, au format PDF, via la plateforme sociumjob.com. Ils devront comprendre une lettre de motivation, un curriculum vitae, les copies certifiées conformes des diplômes, des références professionnelles ainsi qu’une déclaration sur l’honneur.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 5 octobre 2026 à 00 heure.
Le processus de sélection se déroulera en deux phases : une première étape consacrée à l’examen et à la présélection des dossiers, suivie d’une série d’entretiens devant un comité de recrutement pour les candidats retenus.
Pour le poste de président du CNRM, les candidats présélectionnés devront, en outre, présenter un projet directorial. Les candidats aux autres postes seront, quant à eux, invités à soumettre un projet de régulation, destiné à présenter leur vision et leurs orientations pour l’exercice de leurs futures responsabilités.
Une institution appelée à jouer un rôle central
Avec la création du CNRM, le Sénégal se dote d’un cadre de régulation conçu pour répondre à l’élargissement du paysage informationnel. Le nouveau régulateur est appelé à intervenir sur des secteurs qui dépassent désormais largement les frontières traditionnelles de la radio et de la télévision.
La mise en place de son Collège constitue, dès lors, une étape déterminante dans l’opérationnalisation de la réforme. La qualité des profils retenus, leur expertise, leur indépendance professionnelle et leur capacité à dialoguer avec les différents acteurs du secteur seront particulièrement observées dans la construction de cette nouvelle institution.
Adoptée par l’Assemblée nationale le 3 mars 2026 puis promulguée le 10 avril 2026, la loi instituant le CNRM marque officiellement le remplacement du CNRA par une autorité aux compétences plus larges. Le Conseil constitutionnel avait auparavant censuré certaines dispositions du texte adopté par les députés, tout en déclarant conformes à la Constitution plusieurs autres dispositions sous réserves d’interprétation.

Des responsabilités stratégiques pour le président du CNRM
Au sommet de cette nouvelle institution, le président du CNRM aura la responsabilité de conduire la mise en œuvre des missions assignées à l’autorité. Il devra notamment assurer la gestion opérationnelle de l’institution, sa représentation aux niveaux national, régional et international et veiller à l’efficacité, à l’indépendance et à la transparence de la régulation.
Sur le plan de la gouvernance, le président sera chargé de présider les sessions du CNRM, d’assurer l’administration de l’institution et de veiller à l’élaboration comme à l’exécution de son plan stratégique de développement.
Il lui reviendra également de proposer les politiques, mesures et instruments nécessaires à la régulation du secteur, tout en s’assurant de la conformité des actions de l’autorité avec les cadres juridiques nationaux, communautaires et internationaux.
Cette fonction implique donc une forte capacité de pilotage institutionnel, mais également une connaissance approfondie des enjeux économiques, technologiques, juridiques et éditoriaux qui traversent aujourd’hui l’univers des médias.
Pluralisme, liberté de l’information et déontologie au cœur du mandat
Le CNRM aura notamment pour mission de veiller au respect des dispositions législatives et réglementaires applicables à l’ensemble des supports médiatiques relevant de son champ de compétence.
L’autorité devra également veiller à l’indépendance et à la liberté de l’information, à l’impartialité du secteur public de l’information et de la communication ainsi qu’au respect de la déontologie.
Une attention particulière est accordée au pluralisme. Le CNRM devra garantir l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion, notamment durant les périodes électorales et référendaires, tout en favorisant la qualité et la diversité des programmes.
Ses prérogatives comprennent également la valorisation du patrimoine culturel national, africain et universel, ainsi que la formulation, lorsque nécessaire, d’avis, de propositions et de recommandations à l’attention des pouvoirs publics.
Autre responsabilité importante : l’encadrement de la mesure des audiences des médias et la certification des résultats des études réalisées dans ce domaine.


Onze experts appelés à siéger au Collège
La nouvelle architecture prévoit également la mobilisation de plusieurs catégories d’experts appelés à participer aux travaux du Collège du CNRM.
Parmi les profils recherchés figure notamment un expert issu du milieu des professionnels de la communication audiovisuelle. Celui-ci devra apporter son expertise aux délibérations du Collège, particulièrement sur les questions relatives à la communication audiovisuelle.
Les membres du Collège auront, de manière générale, vocation à participer aux délibérations de l’autorité, à veiller à l’application des lois et règlements encadrant la régulation des médias et à approuver les orientations ainsi que les documents stratégiques du CNRM.

Une régulation adaptée à l’ère numérique
Avec cette réforme, le Sénégal élargit considérablement le périmètre de la régulation des médias. Le CNRM est appelé à intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’information et de la communication, indépendamment de la technologie utilisée ou du mode de diffusion.
Son champ de compétence englobe ainsi la presse écrite, la communication audiovisuelle, la presse en ligne, les plateformes numériques et les plateformes de partage. Cette évolution répond à la transformation rapide des usages médiatiques, marquée par l’essor des réseaux sociaux, des plateformes numériques et des nouveaux acteurs de la production et de la diffusion de contenus.
Lors de l’examen du projet de loi par l’Assemblée nationale, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique de l’époque avait présenté la réforme comme le passage d’une régulation essentiellement sectorielle à une régulation plus intégrée de l’écosystème informationnel.
Le nouveau dispositif confère ainsi au régulateur une responsabilité particulièrement large : préserver le pluralisme, veiller au respect des règles applicables aux médias, contribuer à la protection de la liberté de l’information et faire respecter les exigences déontologiques qui encadrent l’activité journalistique et communicationnelle.





