
COMMÉMORATION NAUFRAGE LE JOOLA : AHMADOU ALHAMINOU LÔ APPELLE À RENFORCER LA RESPONSABILITÉ ET LA SÉCURITÉ MARITIME

Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lô a placé la responsabilité publique et la prévention au cœur de son discours lors de la cérémonie commémorative du 24e anniversaire de la tragédie.
Pour le chef du Gouvernement, le souvenir du Joola ne doit pas seulement entretenir la mémoire des victimes. Il doit également servir de rappel permanent sur les obligations de l’État, des administrations, des professionnels et des citoyens en matière de protection de la vie humaine.
« La responsabilité publique n’est pas un privilège ; elle est une charge »
Dans son intervention, le Premier ministre a établi un lien direct entre le devoir de mémoire et la responsabilité.
La foi dans le décret divin, a-t-il rappelé, ne dispense pas les hommes, les citoyens et les serviteurs de l’État de leurs responsabilités. « Ce devoir nous commande de veiller, de prévenir, de protéger, de rendre compte », a-t-il déclaré.
Pour Ahmadou Alhaminou Lô, servir l’État implique de répondre de ses actes, de respecter les règles, de refuser la négligence et de faire de la sécurité, de la dignité et de l’intérêt général des exigences permanentes.
Il a également insisté sur la dimension collective de la responsabilité. Lorsque les règles sont connues mais insuffisamment respectées, lorsque les alertes restent sans écho ou lorsque les responsabilités se diluent, c’est l’ensemble de la communauté qui devient vulnérable, a-t-il relevé.
La sécurité maritime au cœur des priorités
Le Premier ministre a ensuite élargi son propos aux risques auxquels les populations restent exposées en mer.
Il a cité les pirogues de pêche surchargées, les embarcations de fortune utilisées dans le cadre de l’émigration irrégulière ainsi que certaines liaisons fluviales et maritimes insuffisamment contrôlées.
« La leçon du Joola n’est donc pas derrière nous ; elle est devant nous », a-t-il affirmé.
Dans cette perspective, il a présenté plusieurs priorités pour le Gouvernement : la sécurité de la navigation, le contrôle rigoureux des embarcations, le port systématique du gilet de sauvetage et le renforcement des capacités de secours en mer.
Le souvenir du Joola doit ainsi contribuer à renforcer la vigilance et la prévention afin que les mêmes circonstances ne conduisent pas à de nouvelles tragédies.
Une responsabilité partagée
Le chef du Gouvernement a souligné que l’État a le devoir premier de protéger, mais que la prévention repose également sur l’action des administrations, des professionnels et des citoyens.
Les administrations doivent agir avec rigueur, les professionnels exercer leurs responsabilités avec conscience et les citoyens respecter les règles, a-t-il déclaré.
Derrière chaque procédure, chaque norme et chaque décision administrative, il peut y avoir ce que la société a de plus précieux : une vie humaine.
Faire de la mémoire une vigilance
Pour le Premier ministre, c’est précisément là que réside l’un des enseignements majeurs du Joola. La mémoire ne doit pas rester uniquement attachée à la douleur du passé ; elle doit contribuer à éclairer les décisions présentes et futures.
« La mémoire n’a de sens que lorsqu’elle éclaire l’avenir », a-t-il affirmé.
Cette démarche doit notamment permettre de sensibiliser les jeunes générations à la valeur de la vie, au respect des règles, à la prévention et à la responsabilité.
En conclusion de son discours, Ahmadou Alhaminou Lô a appelé à transformer la mémoire en vigilance, la douleur en leçon et le souvenir en responsabilité.
« Nous ne pouvons pas changer ce qui s’est passé. Mais nous pouvons décider de ce que nous en ferons », a-t-il déclaré.
Pour le Premier ministre, l’engagement doit désormais être renouvelé en faveur de la vie, afin que le souvenir du Joola contribue durablement à la protection des populations.





