
COOPÉRATION RÉGIONALE : DAKAR CONSOLIDE SON RÔLE DE HUB STRATÉGIQUE POUR LE MALI ET L’HINTERLAND SAHÉLIEN

Le Port autonome de Dakar confirme sa dimension géostratégique dans l’architecture logistique ouest-africaine. À l’occasion de la rentrée portuaire 2026, la ministre malienne des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, a salué le rôle central de la plateforme dakaroise dans la stratégie de diversification des accès maritimes du Mali.
« Le Port autonome de Dakar occupe une place importante dans notre stratégie », a-t-elle déclaré, mettant en exergue l’intérêt stratégique de cette infrastructure pour Bamako, dans un contexte régional marqué par la nécessité de sécuriser et fluidifier les corridors commerciaux.
Un levier logistique pour les pays enclavés
Pays sans façade maritime, le Mali s’appuie historiquement sur Dakar pour ses opérations d’importation. La ministre malienne a exprimé la reconnaissance des autorités et des opérateurs économiques de son pays envers le Sénégal, les armateurs et les gestionnaires de terminaux pour les facilités accordées.
Dans la même dynamique, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a rappelé que le Sénégal assume « avec responsabilité et solidarité » son rôle de port naturel pour les États de l’hinterland, citant notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Pour lui, le positionnement du port de Dakar relève à la fois d’un « choix stratégique », d’un « devoir historique » et d’un « levier de stabilité régionale ». Une mission qui ne peut se poursuivre que dans un environnement sécurisé.
Sécurisation des corridors : un impératif régional
Face aux menaces liées à l’extrémisme violent dans certaines zones de transit, Malick Ndiaye a insisté sur la nécessité de renforcer la sécurisation des corridors reliant le Sénégal aux pays de l’intérieur. Une approche qui appelle à une coopération renforcée entre États, dans un esprit de responsabilité partagée.
« Chaque amélioration des performances du Port autonome de Dakar en termes de délais, de coûts et de fiabilité renforce la prospérité partagée de notre espace régional », a-t-il souligné, plaçant la performance logistique au cœur de l’intégration économique sous-régionale.
Cap sur Ndayane et la modernisation
Cette vocation régionale s’inscrit désormais dans une vision élargie avec la construction du futur port de Ndayane, appelé à renforcer les capacités d’accueil et la compétitivité du hub sénégalais.
Le président de l’Assemblée nationale a, par ailleurs, salué la « culture de performance » impulsée par l’actuel directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodiang. Modernisation des outils de gestion, transparence des procédures et amélioration continue des services portuaires constituent, selon lui, les piliers de cette nouvelle gouvernance.
Au-delà des déclarations protocolaires, la rentrée portuaire 2026 aura ainsi acté une réalité : dans un contexte régional sous tension, le port de Dakar s’impose plus que jamais comme un maillon stratégique de la résilience économique sahélienne.





