Thème
Switch to dark mode
Switch to light mode
regarder RTS 1 en directregarder RTS 2 en directregarder RTS 3 en directregarder RTS 4 en directregarder RTS 5 en direct

Pub

DE LA MAÎTRISE DU « NAFS » À LA RESPONSABILITÉ PUBLIQUE : LA LECTURE POLITIQUE DE MAODO PAR CHEIKH AHMED TIDIANE SY AL AMINE

a-la-une
23 août 2026
a-la-une

Pour Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine, l’héritage de Seydi El Hadji Malick Sy ne se limite pas à la célébration du Mawlid. Il constitue un véritable référentiel de comportement collectif. À travers le thème « Penser et agir, par le verbe de l’unicité », le membre du comité scientifique du Mawlid invite à relire les enseignements de Maodo à l’aune des défis actuels : cohésion sociale, responsabilité des dirigeants, maîtrise de soi et qualité du vivre-ensemble.

Le Gamou comme outil de transmission et de régulation sociale. C’est l’une des lectures développées par Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine de l’héritage de Seydi El Hadji Malick Sy. Dans son approche, la célébration du Mawlid ne relève pas uniquement de la ferveur religieuse. Elle participe d’une démarche d’éducation des individus et, plus largement, de construction d’un modèle de société.

Chez Maodo, l’amour du Prophète Muhammad (PSL) devait en effet dépasser le registre du discours. « Il ne s’agit pas d’aimer quelqu’un uniquement, mais il s’agit d’aimer dans sa manière de faire et de suivre sa manière de faire », explique-t-il.

Cette conception donne au Gamou une portée qui dépasse la commémoration. Le rassemblement devient un espace où se transmettent des repères susceptibles d’orienter les comportements individuels et collectifs.

Une pédagogie de la responsabilité

Dans cette perspective, les enseignements de Seydi El Hadji Malick Sy peuvent être lus comme un corpus de responsabilité individuelle et collective. La formation du disciple, le comportement, la connaissance, la relation au maître ou encore la maîtrise de soi occupent une place importante dans ses écrits.

Pour Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine, cette dimension mérite aujourd’hui d’être davantage valorisée. Le Gamou ne devrait pas seulement être le temps des panégyriques. Il doit aussi permettre de faire connaître les enseignements de Maodo et d’en tirer des applications concrètes.

Le thème retenu cette année s’inscrit dans cette logique. « Penser et agir, par le verbe de l’unicité » entend faire du tawhid non seulement une affirmation théologique, mais également un principe de cohésion. L’unicité de Dieu doit, selon lui, se traduire par « une union des cœurs » dans la famille, dans la communauté et entre les peuples. Cette approche confère au thème une dimension profondément sociale : la foi devient un levier pour renforcer les liens et prévenir les logiques de confrontation.

La maîtrise du « nafs », une question de gouvernance

C’est surtout dans le rapport à l’exercice des responsabilités que cette lecture prend une dimension politique. Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine insiste sur la maîtrise du « nafs », présentée comme un combat permanent. La véritable victoire n’est pas celle obtenue sur l’autre, mais celle que l’on remporte sur soi-même.

Appliqué à la gestion de la cité, ce principe renvoie directement à la responsabilité des dirigeants. Celui qui exerce une fonction d’autorité doit être capable de contenir ses intérêts, ses ambitions et ses réactions lorsque ceux-ci peuvent porter atteinte à l’intérêt collectif. « Je ne dépasserai pas cette limite parce que cela va impacter ma société », résume-t-il.

Cette conception rejoint une problématique classique de l’action publique : comment faire en sorte que l’exercice du pouvoir soit constamment orienté vers l’intérêt général ?
Pour lui, la réponse ne réside pas uniquement dans les institutions, les textes ou les mécanismes de contrôle. Elle passe également par la formation morale et spirituelle de ceux qui les font fonctionner.

« Ce qui manque aujourd’hui dans notre société, c’est la spiritualité »

Dans un contexte marqué par les tensions politiques et sociales, son diagnostic est sans détour : « Ce qui manque aujourd’hui dans notre société, c’est la spiritualité ». Il ne s’agit pas, dans son propos, de substituer le religieux aux institutions publiques. Il plaide plutôt pour que la spiritualité contribue à former des comportements compatibles avec les exigences de la vie collective.

Le principe selon lequel « nous sommes tous des bergers » prend ici une portée particulière. Tout responsable (politique, administratif, économique ou associatif) exerce une forme de responsabilité sur une communauté et doit pouvoir répondre de la manière dont il l’a conduite.

La maîtrise du « nafs » devient alors une compétence éthique de l’action publique : savoir arbitrer, renoncer, contenir ses propres intérêts et mesurer les conséquences d’une décision sur la collectivité.

Réhabiliter une éducation citoyenne

Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine estime par ailleurs qu’une partie des difficultés actuelles tient à une rupture dans la transmission. « On a raté une forme d’éducation des masses pendant une certaine période. Et cela nous a rattrapés aujourd’hui », observe-t-il.

D’où la nécessité, selon lui, d’engager une réflexion dépassant les seuls cercles religieux. Les pouvoirs publics, les acteurs privés, les responsables religieux et les différentes composantes de la société devraient pouvoir s’emparer de cette question. L’enjeu serait alors de reconnecter éducation, citoyenneté, responsabilité et spiritualité, sans confondre les rôles des différentes institutions.

Le Gamou pourrait ainsi être davantage pensé comme un espace de production et de diffusion de références communes. Une fonction qui rejoint, dans son interprétation, la démarche de Seydi El Hadji Malick Sy : rassembler les disciples, transmettre les orientations et préparer les comportements à la vie en société.

Au fond, le message porté cette année revient à une équation simple : le changement collectif commence par une transformation individuelle. Penser, maîtriser ses passions, agir en fonction de l’intérêt général et préserver l’unité. Pour Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine, c’est aussi dans cette capacité à transformer un enseignement spirituel en comportement citoyen que se mesure la portée contemporaine du legs de Maodo.

Logo

Le public, notre raison d'être.

Telecharger notre appli mobile RTS L'Officiel

imgimg
Triangle sud x malick sy
(+221) 33 849 13 12(+221) 33 849 12 67
Suivez - nous
© 2021 RTS. Tous droits réservésdéveloppé par aCAN Group