
FOOTBALL OUEST-AFRICAIN : L’UFOA-A ANNONCE LA RELANCE DE LA COUPE AMÍLCAR CABRAL, EN ALTERNATIVE AU CHAN

L’Union des fédérations ouest-africaines de football, zone A (UFOA), envisage de relancer la Coupe Amílcar Cabral, une compétition historique dédiée aux joueurs locaux, en réponse à la suppression récente du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), a annoncé dimanche son directeur exécutif, Mapathé Gaye, rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).
S’exprimant à Bijilo, à une dizaine de kilomètres de Banjul, Mapathé Gaye a expliqué que cette initiative vise à offrir une alternative crédible au CHAN, supprimé par la Confédération africaine de football (CAF), qui l’a qualifié de « gouffre financier ». La CAF a, en effet, décidé de remplacer cette compétition par une Ligue des nations africaine, appelée à regrouper les 54 pays du continent à partir de 2029.
« À notre niveau, nous avons anticipé en commençant à réfléchir à la relance de la Coupe Amílcar Cabral. Elle sera dédiée uniquement aux joueurs locaux et constituera une alternative à la suppression du CHAN », a déclaré le directeur exécutif de l’UFOA-A, selon l’APS.
Créée à la fin des années 1970, la Coupe Amílcar Cabral regroupait les sélections nationales d’Afrique de l’Ouest. Elle porte le nom du leader indépendantiste africain Amílcar Cabral, figure majeure des luttes de libération en Guinée-Bissau et au Cap-Vert. Le Sénégal avait remporté la première édition en 1979, organisée en Guinée-Bissau, tandis que le Mali demeure le dernier vainqueur du tournoi, en 2007.
Cette annonce a été faite lors d’un panel consacré à l’essor de l’industrie du football africain, organisé en marge de la 8ᵉ édition du congrès de l’AIPS Afrique, ouvert vendredi à Bijilo sous la présidence du vice-président gambien, Muhammad Jallow.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports, Khady Diène Gaye, avait plaidé pour une organisation « plus régulière et plus fréquente des compétitions sportives historiques d’Afrique de l’Ouest », mettant en avant le sport comme un vecteur de cohésion sociale, d’intégration régionale et de rayonnement international.
Selon Mapathé Gaye, cette dynamique s’inscrit dans un contexte de transformation profonde du football africain. « Le football est devenu une grande industrie. L’Afrique dispose d’une population jeune et de talents présents partout en Europe et ailleurs », a-t-il souligné, estimant que cette richesse humaine se reflète dans la qualité croissante de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), dont la dernière édition, organisée au Maroc entre décembre 2025 et janvier 2026, a été jugée « très relevée ».
Sur le plan économique, le directeur exécutif de l’UFOA-A a mis en avant l’attractivité croissante du football africain auprès des partenaires, rappelant que plus de vingt sponsors avaient accompagné la dernière CAN. Il a également évoqué les mécanismes de financement tels que le programme FIFA Forward et le programme CAF Impact, dédiés au développement des infrastructures et au fonctionnement des fédérations.
« D’ici 2027, le fonds passera de 400 000 dollars à un million de dollars », a-t-il précisé, soulignant que ces ressources font l’objet de contrôles stricts de la FIFA et de la CAF, toute mauvaise utilisation entraînant une suspension immédiate des décaissements.
Au niveau de la zone UFOA-A, a-t-il ajouté, les compétitions sont intégralement financées par la CAF et la FIFA, à raison de cinq compétitions par an. Toutefois, la zone reste confrontée à un déficit de sponsors, poussant Mapathé Gaye à lancer un appel aux médias pour renforcer la visibilité du sport comme levier de développement.
Dans cette perspective, un partenariat avec l’AIPS Afrique est en cours de finalisation pour l’organisation de workshops et de formations journalistiques dans les pays de la zone UFOA-A, a-t-il conclu, rappelant qu’une première expérience avait déjà été menée en Guinée.





