
INDUSTRIALISATION : L’ÉTAT ACCÉLÈRE AVEC 45 ZONES INDUSTRIELLES ET UN BUDGET DE 350 MILLIARDS FCFA

Le Sénégal veut clairement changer d’échelle en matière d’industrialisation. Présidant, lundi 2 février à Diamniadio, les travaux sur le projet de loi relatif à la promotion de l’industrialisation, Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie industrielle, appelée à devenir un levier central du développement économique et du patriotisme économique.
Au cœur de cette ambition figure la création massive de zones industrielles à travers le pays. « Avec les agropoles, nous allons déjà créer 30 zones agro-industrielles sur l’ensemble du territoire », a annoncé le ministre. À cet effort s’ajoutent les projets portés par l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels, qui prévoit la mise en place d’une dizaine de zones industrielles supplémentaires, notamment dans les secteurs du phosphate et de l’agroalimentaire, à Touba, Matam et dans plusieurs autres localités. Au total, le pays devrait disposer d’au moins 45 sites industriels.
Pour soutenir cette dynamique, l’État a fortement relevé les moyens financiers alloués au secteur. Le budget de l’industrialisation est ainsi passé de 50 milliards à 350 milliards de francs CFA, avec des appels d’offres déjà lancés. Selon Serigne Guèye Diop, cette politique vise également une meilleure répartition territoriale des infrastructures productives. « Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle », a-t-il assuré, soulignant la nécessité de rompre avec la concentration actuelle des activités.
Le ministre a rappelé qu’à ce jour, le Sénégal ne compte que trois zones économiques spéciales, situées à Diass, Diamniadio et Saint-Gérard, un état de fait qui impose, selon lui, un changement d’échelle rapide. Cette nouvelle orientation traduit « la volonté des autorités de faire de l’industrialisation un moteur du développement économique et social ».
Autre axe structurant de la réforme : le patriotisme économique. Constatant le caractère extraverti de l’économie nationale, dont près de la moitié est contrôlée par des intérêts étrangers, le ministre a plaidé pour des partenariats plus équilibrés. Sans remettre en cause l’investissement étranger, il a appelé à une association plus étroite avec des acteurs nationaux et l’État, afin que les retombées bénéficient davantage à l’économie locale.
Les travaux ont également permis d’identifier plusieurs défis majeurs, notamment le déficit de sites industriels dédiés et les difficultés de financement. « L’industrie coûte cher. On ne peut pas la laisser au seul secteur privé », a insisté Serigne Guèye Diop, plaidant pour un appui public renforcé, à travers le financement et la subvention. La simplification des procédures, le respect des normes techniques et environnementales, ainsi que la coordination entre acteurs publics et privés figurent aussi parmi les priorités.
Le ministre a défendu la nécessité de protéger les industries et l’agriculture naissantes, justifiant la convergence des politiques industrielle et commerciale au sein d’un même département. Avec ce projet de loi, a-t-il conclu, « le Sénégal pose les bases d’une industrie forte, compétitive et véritable moteur du développement national ».





