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JOJ DAKAR 2026 : MAMADOU DIAGNA NDIAYE MISE SUR UN HÉRITAGE DURABLE POUR LA JEUNESSE SÉNÉGALAISE

a-la-une
29 oct. 2026
a-la-une

Pour Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 ne doivent pas se limiter à une compétition sportive de quinze jours. Invité de l’émission Sans Filtre de la RTS, ce jeudi, il a défendu une vision ambitieuse axée sur la formation des jeunes, la valorisation des infrastructures sportives et la création d’opportunités économiques durables.

Au-delà de l’organisation d’un événement sportif historique, le Sénégal entend faire des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 un levier de transformation pour sa jeunesse. C’est l’ambition mise en avant par Mamadou Diagna Ndiaye, président du CNOSS, lors de son passage dans l’émission Sans Filtre de la RTS, ce jeudi. Pour lui, la réussite des Jeux ne se mesurera pas uniquement à la qualité des compétitions, mais aussi à la capacité du pays à transformer cette expérience en opportunités concrètes pour les générations futures.

« Qu’on l’a fait. Et qu’on l’a fait avec eux. Et que c’est leur produit », affirme-t-il, évoquant ce qu’il souhaite voir les jeunes retenir de cet événement. Une manière de souligner que la jeunesse doit être à la fois actrice des Jeux et bénéficiaire de leur héritage.

Le sport comme tremplin vers la formation et l’emploi

Dans sa vision de l’après-JOJ, Mamadou Diagna Ndiaye entend aller au-delà de la seule performance sportive. Il évoque un projet de création d’académies sportives dans les villes du littoral sénégalais, notamment Dakar, Rufisque et Saint-Louis, des territoires qu’il présente comme des points de départ de l’émigration irrégulière.

L’objectif serait de proposer aux jeunes un cadre d’encadrement leur permettant de développer leurs aptitudes sportives, tout en leur ouvrant des perspectives de formation professionnelle.

« Ceux qui peuvent émerger par le haut du bilan en devenant champion […] Les autres, on en fera des menuisiers, des plombiers ou des choses de ce genre », explique-t-il.

Cette approche repose sur une conception du sport comme outil d’insertion sociale et professionnelle. Si certains jeunes peuvent accéder au haut niveau, d’autres pourraient bénéficier de parcours de formation débouchant sur des métiers techniques.

Le président du CNOSS souhaite ainsi que les Jeux contribuent à faire émerger un modèle dans lequel la pratique sportive s’accompagne d’un dispositif plus large d’accompagnement de la jeunesse.

Il évoque également des échanges engagés avec la Banque mondiale autour de mécanismes de financement susceptibles de soutenir cette ambition. Il entend notamment se rapprocher du ministre chargé de l’Économie et des Finances afin d’examiner les possibilités d’implication des pouvoirs publics.

Pour Mamadou Diagna Ndiaye, la pérennité de ces initiatives suppose une appropriation par l’État. Le CNOSS peut contribuer à impulser la dynamique à travers les Jeux, mais la mise en œuvre durable des politiques de formation et d’insertion relève également des responsabilités publiques.

« Quinze jours de Jeux, cinquante ans d’héritage »

C’est l’une des formules fortes de son intervention. Pour le président du CNOSS, l’enjeu essentiel réside dans ce que le Sénégal laissera aux jeunes après la fin des compétitions.

« Tantôt, 14 jours de Jeux, 50 ans d’héritage », déclare-t-il, résumant sa conception de l’après-Dakar 2026.

Cet héritage doit être matériel, à travers les infrastructures construites ou réhabilitées, mais également humain et social, grâce aux possibilités offertes aux jeunes en matière de formation, d’encadrement et de pratique sportive.

Mamadou Diagna Ndiaye insiste aussi sur la nécessité de laisser une empreinte dans la mémoire collective. Il souhaite que les jeunes puissent s’approprier les Jeux, en retirer une source de fierté et y trouver un idéal susceptible de nourrir leurs ambitions.

« On veut construire des Jeux vrais. Peut-être pas parfaits, mais vrais », souligne-t-il.

La formule traduit son souhait de privilégier une démarche qui associe la jeunesse au projet et qui donne à l’événement une portée dépassant le calendrier sportif.

Des infrastructures au service du sport de masse

L’un des principaux acquis attendus de Dakar 2026 réside dans la modernisation des infrastructures sportives. Pour que ces équipements profitent durablement aux populations, Mamadou Diagna Ndiaye explique que les organisateurs ont privilégié, dans certains cas, la réhabilitation d’installations existantes plutôt que la seule construction de grandes enceintes destinées aux événements exceptionnels.

Il cite notamment le stade Iba Mar Diop, dont la rénovation doit permettre aux clubs locaux et aux jeunes catégories de disposer d’un espace adapté à leurs activités. Les aménagements comprennent également des pistes d’athlétisme, afin de favoriser une pratique sportive diversifiée au-delà du football.

La piscine olympique figure également parmi les infrastructures mises en avant par le président du CNOSS. Il souligne le niveau des équipements et les possibilités qu’ils pourraient offrir au développement de la natation au Sénégal.

Il évoque aussi les installations équestres, qu’il considère comme un autre exemple du potentiel laissé par les Jeux. Ces équipements pourraient contribuer à accueillir des compétitions internationales et à susciter de nouvelles vocations chez les jeunes.

Pour le dirigeant sportif, la mise à disposition d’infrastructures modernes doit permettre d’élargir l’accès à la pratique sportive, d’améliorer l’encadrement des jeunes et de favoriser l’émergence de nouveaux talents.

Il insiste toutefois sur une condition essentielle : assurer l’entretien et la gestion de ces installations après les Jeux.

Une gestion durable pour préserver les acquis

La question de l’après-JOJ ne concerne pas uniquement la disponibilité des équipements, mais également leur exploitation économique et leur maintenance.

Mamadou Diagna Ndiaye estime qu’une structure dédiée pourrait contribuer à centraliser la gestion des infrastructures, à organiser leur utilisation et à prévenir leur dégradation faute d’entretien.

Il prend l’exemple de Monaco, qui s’appuie sur une organisation destinée à promouvoir la destination à travers des événements sportifs et des rencontres internationales.

Dans cette perspective, les infrastructures laissées par Dakar 2026 pourraient devenir des leviers d’attractivité, en accueillant des compétitions, des manifestations sportives et d’autres rendez-vous internationaux.

Le président du CNOSS évoque également les possibilités de retombées pour le tourisme et l’hôtellerie. Il rappelle que les grands événements peuvent contribuer à renforcer la visibilité d’un pays et à stimuler l’intérêt des visiteurs, à condition que l’offre touristique soit à la hauteur des attentes.

Il appelle ainsi à une réflexion plus large sur la valorisation de la destination Sénégal, en insistant sur la propreté des villes, la qualité de l’accueil et la capacité du pays à donner envie aux visiteurs de revenir.

L’enjeu consiste donc à transformer la visibilité internationale offerte par les Jeux en perspectives économiques durables, sans réduire leur héritage à la seule dimension touristique.

Des Jeux pour encourager la cohésion nationale

Au-delà des infrastructures et de la formation professionnelle, Mamadou Diagna Ndiaye voit également dans Dakar 2026 une occasion de renforcer la cohésion nationale.

Il revient notamment sur la cérémonie de remise du drapeau national aux athlètes sénégalais, un moment qu’il décrit comme particulièrement chargé d’émotion. Selon lui, les jeunes sélectionnés ont pris conscience de l’importance de leur rôle et de la responsabilité qu’ils portent en représentant leur pays.

Le président du CNOSS estime que cette mobilisation autour de la jeunesse sportive peut contribuer à renforcer le sentiment d’appartenance nationale.

Il souligne également les démarches entreprises auprès des autorités religieuses et des différentes composantes de la société afin de leur présenter la portée des Jeux.

Pour lui, Dakar 2026 dépasse le cadre de la compétition. L’événement constitue aussi un instrument de rayonnement international, capable de placer le Sénégal sous les projecteurs et de donner à voir son expérience du dialogue et de la concertation.

« Le Sénégal va accueillir le monde », résume-t-il, insistant sur la dimension symbolique de ce rendez-vous.

La victoire, mais aussi la vie

Interrogé sur les ambitions sportives du Sénégal et sur la possibilité de voir les athlètes nationaux remporter des médailles, Mamadou Diagna Ndiaye défend une conception qui ne réduit pas la réussite aux seuls résultats.

« Moi, j’ai dit la victoire et la vie », affirme-t-il.

Cette formule place la participation, l’expérience et l’épanouissement des jeunes au cœur de sa vision. La compétition doit permettre aux athlètes de se dépasser, mais également de vivre une expérience collective qui peut marquer durablement leur parcours.

Le président du CNOSS annonce par ailleurs que la délégation sénégalaise devrait compter environ 123 à 124 athlètes, selon les chiffres communiqués lors de l’entretien. Il présente cette participation comme un élément important de la présence du pays dans cette édition historique.

Au-delà des médailles, il estime que l’essentiel réside aussi dans le regard que les délégations étrangères porteront sur le Sénégal, ainsi que dans la capacité du pays à offrir un cadre d’accueil à la hauteur de l’événement.

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