L’ANER MISE SUR LE SOLAIRE POUR ALLÉGER LES COÛTS DU POMPAGE DE L’EAU

Le recours massif à l’énergie solaire pour alimenter les forages ruraux pourrait constituer un tournant majeur pour l’agriculture et l’accès à l’eau au Sénégal. C’est la principale conclusion de l’étude sur les référentiels techniques et les modèles économiques applicables aux systèmes de pompage solaire, restituée jeudi à Dakar par l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER).
Selon les résultats de cette étude, la solarisation des systèmes de pompage permettrait de réaliser jusqu’à 13 milliards de FCFA d’économies par an, grâce à une réduction significative des dépenses énergétiques liées à l’exploitation des infrastructures hydrauliques en milieu rural. Pour le directeur général de l’ANER, Diouma Kobor, cette transition représente un levier stratégique autant sur le plan économique que social. « C’est énorme si l’on connaît le coût de l’eau », a-t-il souligné à l’ouverture de l’atelier de restitution, mettant en avant les gains financiers qu’offre le remplacement progressif des énergies conventionnelles par le solaire.
Au-delà des économies réalisées sur les coûts de fonctionnement des forages, cette baisse des charges énergétiques devrait se répercuter sur l’ensemble de la chaîne de production agricole. L’ANER estime qu’un accès à une eau d’irrigation moins coûteuse contribuera à diminuer les coûts de production, à améliorer les revenus des exploitants et, à terme, à exercer une pression à la baisse sur les prix des denrées agricoles.
L’étude, conduite avec l’appui du programme « Énergie durable » de la coopération allemande GIZ, a également permis d’élaborer un référentiel technique et économique destiné à encadrer les futurs investissements dans les projets de pompage solaire communautaire et de solarisation des forages ruraux.
Cet outil vise à harmoniser les normes techniques, améliorer la rentabilité des projets et offrir un cadre de référence aux pouvoirs publics ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers. « L’ANER a mis en place un référentiel qui constitue une base de travail permettant à l’État et aux partenaires au développement de s’appuyer sur un modèle éprouvé afin de rentabiliser les investissements dans l’irrigation, l’hybridation des forages et les autres projets de pompage solaire », a expliqué Diouma Kobor.
Au-delà de sa dimension énergétique, l’initiative s’inscrit dans une vision plus large de développement des territoires ruraux. En assurant un approvisionnement en eau plus fiable, moins coûteux et plus durable, la solarisation des forages devrait renforcer la sécurité alimentaire, soutenir la modernisation de l’agriculture et favoriser l’émergence de filières plus compétitives.
À travers cette démarche, l’ANER entend faire du pompage solaire un instrument de transformation économique, capable d’améliorer durablement les conditions de production, de stimuler la création de richesse dans les zones rurales et d’accompagner les ambitions du Sénégal en matière de transition énergétique.





