
FACE AUX TENSIONS, HAWA DIA THIAM SALUE LES CLARIFICATIONS DU CHEF DE L’ÉTAT ET APPELLE AU DIALOGUE

Invitée de l’émission « Point de vue », Hawa Dia Thiam a réagi au récent face-à-face entre le chef de l’État et la presse, un exercice qu’elle juge utile dans un contexte marqué par des tensions politiques et sociales. Selon l’ancienne ministre, cette prise de parole a permis d’apporter des clarifications importantes sur plusieurs sujets sensibles, notamment la réforme du code électoral.
« Le président est entré dans beaucoup de détails qui nous permettent de mieux comprendre la situation », a-t-elle souligné, estimant que cet exercice contribue à orienter les actions des acteurs engagés dans la préservation de la cohésion nationale. Dans la logique du programme « Saxal Jamm », auquel elle participe en tant qu’ambassadrice de la paix, elle considère que cette communication présidentielle offre des repères pour anticiper et prévenir les tensions.
Parmi les points ayant retenu son attention figure la question de la révision du code électoral. Sur ce dossier, le chef de l’État a reconnu l’initiative de l’Assemblée nationale tout en exprimant des réserves sur la démarche de la majorité parlementaire, dans un contexte où des avant-projets étaient déjà en discussion. Une position que Hawa Dia Thiam analyse avec prudence, rappelant la nécessité de respecter les rôles institutionnels tout en privilégiant la concertation.
« Il y a une séparation des pouvoirs. L’Assemblée peut faire des propositions de loi. Mais l’essentiel, c’est que tout cela se fasse dans le dialogue et le consensus », a-t-elle déclaré, refusant de prendre parti mais insistant sur l’urgence d’apaiser le climat politique. Face à la posture de certains acteurs, notamment le boycott des concertations par une partie de l’opposition, elle adopte une lecture équilibrée. « Chacun est dans son rôle, aussi bien le pouvoir que l’opposition. Mais il faut créer les conditions d’un dialogue sincère », a-t-elle plaidé, mettant en garde contre des tensions « latentes » qui pourraient fragiliser davantage le climat national.
Au-delà du champ politique, Hawa Dia Thiam alerte sur un contexte globalement tendu. Elle évoque un « front social en ébullition », des crispations communautaires et des enjeux sous-régionaux qui exigent, selon elle, une réponse collective fondée sur la responsabilité. « Sans paix, il n’y a pas de développement. Et pour avoir la paix, il faut plus de justice », a-t-elle insisté.
S’appuyant sur son expérience, elle rappelle que les avancées démocratiques du Sénégal reposent historiquement sur des compromis politiques. Le code électoral consensuel mis en place depuis les années 1990 a permis, selon elle, d’organiser des élections transparentes et de réussir des alternances pacifiques. « C’est le fruit du dialogue. Il faut revenir à ces bonnes pratiques », a-t-elle recommandé.
Dans cette perspective, les ambassadeurs de la paix entendent jouer un rôle actif de médiation. Hawa Dia Thiam indique que des démarches ont déjà été entreprises auprès des acteurs politiques, des institutions et des leaders religieux pour favoriser l’apaisement. « Nous avons parlé à tous les acteurs pour appeler à la retenue et à la responsabilité », a-t-elle précisé.
Elle insiste sur une approche sans stigmatisation, privilégiant la responsabilisation des parties prenantes. « Il ne s’agit pas de blâmer, mais d’amener chacun à mesurer les conséquences de ses actes », a-t-elle expliqué. Elle appelle à tirer les leçons des crises récentes ayant entraîné des pertes en vies humaines. « Nous ne devons pas revivre ces situations. Il faut éviter la violence et privilégier le dialogue », a-t-elle conclu, estimant que le Sénégal se trouve à un moment charnière nécessitant « tact, responsabilité et sens de l’intérêt national ».





