
MENACE DE GRÈVE DANS LA SANTÉ : LE GOUVERNEMENT MET EN AVANT SES EFFORTS ET APPELLE AU DIALOGUE

Le Gouvernement tente de désamorcer la menace d’une grève générale de 72 heures dans le secteur de la santé. Face à la presse, ce lundi 19 octobre 2026, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a présenté l’état d’avancement des engagements pris envers les travailleurs et appelé les organisations syndicales à privilégier le dialogue.
Alors que les perturbations annoncées pourraient affecter le fonctionnement des structures sanitaires, le ministre a insisté sur les conséquences de ces mouvements pour les populations. « Nous mesurons les difficultés que les perturbations des soins occasionnent aux patients et à leur famille », a-t-il déclaré, plaidant pour la poursuite des négociations et la levée du mot d’ordre de grève.
2 500 recrutements en cours de finalisation
Sur la question des ressources humaines, le ministre a annoncé que l’État a autorisé le recrutement de 2 500 agents. Parmi eux, 80 % sont destinés au personnel médical et de soins, contre 20 % pour les fonctions de support. Selon Ibrahima Sy, le processus devrait être finalisé d’ici à la fin du mois d’octobre 2026.
Le département de la Santé a également formulé une nouvelle demande portant sur le recrutement de 3 000 agents supplémentaires, signe des besoins persistants en personnel dans les structures sanitaires.
À ces recrutements s’ajoute l’intégration de 1 111 agents issus de programmes sanitaires, notamment ISMEA et Teranga. Cette mesure représente une enveloppe supplémentaire de 7 milliards de francs CFA. Le ministre a par ailleurs évoqué le recrutement de 270 sages-femmes avec l’appui financier de la Banque mondiale.
Autre mesure mise en avant par le Gouvernement : le reclassement des techniciens supérieurs de santé non-fonctionnaires, rendu possible par l’adoption du décret correspondant. À ce stade, 878 demandes ont été traitées, selon les chiffres communiqués par le ministre.
L’indemnité de logement, un dossier à 8,8 milliards de FCFA
Si plusieurs engagements connaissent des avancées, la question de l’extension de l’indemnité de logement demeure un point sensible des négociations. La mesure concerne 7 365 agents, notamment des contractuels du ministère de la Santé et des établissements publics de santé (EPS).
Son coût est estimé à 8,8 milliards de francs CFA. Le dossier est actuellement à l’étude au niveau de la Direction générale du Budget, qui doit examiner les possibilités d’une prise en charge progressive, compatible avec les capacités financières de l’État.
Cette contrainte budgétaire constitue ainsi un enjeu majeur dans la recherche d’un compromis avec les syndicats, alors que les revendications portent notamment sur l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des personnels de santé.
Près de 90 rencontres avec les partenaires sociaux
Pour défendre sa démarche, le ministre a également mis en avant le bilan des concertations menées avec les organisations syndicales. Près de 90 rencontres auraient été organisées avec les partenaires sociaux au cours des deux dernières années. Un projet de protocole d’accord est par ailleurs en cours de finalisation avec plusieurs organisations syndicales. Une nouvelle rencontre est également prévue sous l’égide du ministère de la Fonction publique.
Malgré ces échanges et les mesures annoncées, la menace d’une grève de 72 heures fait peser un risque supplémentaire sur la continuité du service public de santé. Le Gouvernement entend donc maintenir le dialogue pour éviter une aggravation des perturbations dans les hôpitaux et les autres structures sanitaires.
« Nous appelons les partenaires sociaux à poursuivre le dialogue, à préserver l’accès des populations aux soins et à lever leur mot d’ordre de grève », a insisté Ibrahima Sy. Le ministre a enfin assuré que le maintien des soins d’urgence sur l’ensemble du territoire demeurait une priorité.





