
RÉSEAU GAZIER DU SÉNÉGAL : LE SEGMENT NORD ENTRE DANS SA PHASE DE CONSTRUCTION

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la mise en place de son réseau national de transport de gaz. À Gandon, les autorités ont procédé à la pose officielle de la première canalisation du Segment Nord du Réseau gazier du Sénégal, sous la présidence du ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf.
Après les phases d’études, de financement et de préparation technique, le projet entre désormais dans sa phase de construction. D’une longueur totale d’environ 85 kilomètres, le Segment Nord comprend 45 kilomètres de canalisation offshore, jusqu’à Léona, dans la région de Louga, et 40 kilomètres de canalisation terrestre jusqu’à Gandon.
L’infrastructure est dimensionnée pour transporter jusqu’à 300 millions de pieds cubes de gaz par jour. Elle doit notamment permettre d’acheminer le gaz issu du hub gazier de Grand Tortue Ahmeyim (GTA) vers la centrale électrique de Gandon, contribuant ainsi à la mise en œuvre de la stratégie nationale de transformation du système énergétique.
Pour le ministre de l’Énergie et du Pétrole, cette infrastructure constitue bien davantage qu’un ouvrage de transport. Elle doit participer à la valorisation des ressources gazières nationales et au renforcement de la souveraineté énergétique du Sénégal.
« Derrière cet ouvrage d’acier se dessine une ambition nationale : faire du gaz sénégalais non seulement une ressource que nous produisons, mais une énergie que nous maîtrisons, que nous transportons et que nous transformons au service de notre développement », a déclaré El Hadji Abdourahmane Diouf.
Vers une électricité plus compétitive
Le développement du réseau gazier s’inscrit notamment dans l’ambition du gouvernement de réduire progressivement la dépendance du secteur énergétique aux combustibles importés. Le recours accru au gaz produit localement doit permettre de limiter l’exposition de l’économie sénégalaise aux fluctuations des cours internationaux des hydrocarbures.
L’objectif affiché est également d’améliorer les conditions de production de l’électricité afin de disposer, à terme, d’une énergie moins coûteuse, plus fiable et plus accessible.
La baisse du coût de l’électricité ne dépendra toutefois pas du seul acheminement du gaz. Elle sera tributaire de l’ensemble de la chaîne énergétique, notamment de la disponibilité de la ressource, des coûts de transport, de la performance des centrales ainsi que de l’efficacité des réseaux de distribution.
Le gaz au service de l’industrie
Au-delà du secteur électrique, le RGS doit également servir de levier au développement industriel. À travers l’approche dite « Gas-to-Industry », les autorités ambitionnent de rapprocher progressivement le gaz des zones industrielles et des entreprises fortement consommatrices d’énergie.
Cette orientation vise à favoriser la compétitivité du tissu productif, à renforcer les chaînes de valeur nationales et à créer davantage d’activités et d’emplois autour de la disponibilité d’une énergie produite localement.
Pour le directeur général du Réseau gazier du Sénégal, Pape Momar Lô, la pose de cette première canalisation marque ainsi un changement de phase. « Aujourd’hui, nous entrons dans le temps de la construction », a-t-il souligné, en saluant la mobilisation de l’État, des partenaires financiers et des entreprises impliquées dans la réalisation du projet.
Un premier maillon d’un réseau national
Le Segment Nord constitue l’un des éléments d’un réseau gazier appelé à s’étendre progressivement sur le territoire national. Les préparatifs des Segments Vert, Bleu et Orange sont déjà engagés.
À terme, le RGS doit permettre de connecter progressivement les ressources gazières aux centrales électriques, aux pôles industriels et aux principales zones de consommation. Une architecture destinée à accompagner la montée en puissance de la production gazière nationale et à favoriser son intégration dans l’économie.





