
TABASKI 2026 : L’ÉTAT ET LES ACTEURS DE L’ÉLEVAGE ANTICIPENT L’APPROVISIONNEMENT DU MARCHÉ EN MOUTONS

TABASKI 2026 : L’ÉTAT MOBILISE LES ACTEURS DE L’ÉLEVAGE POUR ASSURER L’APPROVISIONNEMENT DU MARCHÉ
Les autorités sénégalaises et les acteurs du secteur de l’élevage se mobilisent déjà pour assurer la réussite de la Tabaski 2026. Réunis ce jeudi 5 mars 2026 à la sphère ministérielle de Diamniadio, près de 300 participants ont pris part à un atelier national consacré au bilan de la Tabaski 2025 et à la préparation de l’édition 2026, sous la présidence du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne.
La rencontre a réuni un large éventail d’acteurs : représentants des institutions de la République, députés, autorités administratives, forces de défense et de sécurité, élus territoriaux, organisations professionnelles d’éleveurs, transporteurs, opérateurs de moutons, institutions financières, associations de consommateurs ainsi que des partenaires techniques et services de l’État.

Un secteur stratégique pour la souveraineté alimentaire
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président de la République, qui a récemment insisté en Conseil des ministres sur le rôle stratégique de l’élevage dans la souveraineté alimentaire du Sénégal. Les autorités entendent ainsi accélérer la modernisation du secteur, promouvoir l’autosuffisance en viande et renforcer les coopératives agricoles communautaires.
Dans cette perspective, le Chef de l’État a également évoqué la mise en place d’un Fonds national de développement de l’élevage destiné à soutenir durablement le financement des filières animales.
Tabaski 2025 : un bilan jugé positif
Les participants ont dressé un bilan globalement satisfaisant de la Tabaski 2025. L’objectif d’approvisionnement fixé à 830 000 moutons a été largement dépassé grâce à une forte synergie entre les services de l’État, les opérateurs, les collectivités territoriales et les partenaires du secteur.
Le ministre Mabouba Diagne a salué l’engagement des éleveurs, des opérateurs nationaux et des partenaires de la sous-région, notamment la Mauritanie et le Mali, dont la contribution a permis de compléter l’offre nationale et de stabiliser le marché.

Un objectif de 860 000 moutons pour 2026
Pour la Tabaski 2026, les besoins nationaux sont estimés à 860 000 têtes de moutons, dont 260 000 pour la seule région de Dakar. Au total, le Sénégal consomme près de deux millions de moutons chaque année, dont une partie importante destinée à l’autoconsommation.
La filière Tabaski représente un marché annuel de plus de 300 milliards de francs CFA, dont plus de 142 milliards générés par la commercialisation sur les marchés de bétail. Un poids économique considérable pour les éleveurs et les opérateurs du secteur.
Pour relever ce défi, le ministre a appelé à une mobilisation accrue de tous les acteurs, tout en soulignant les progrès réalisés par la production locale qui contribue progressivement à réduire la dépendance aux importations.
Les préoccupations des acteurs du secteur
Au cours des échanges, plusieurs opérateurs ont soulevé des préoccupations liées notamment aux coûts des points de vente, à la disponibilité de l’eau dans certaines zones pastorales et aux difficultés d’aménagement de certains marchés, notamment à Dakar et à Thiès.

Les transporteurs, représentés par Gora Khouma, ont également plaidé pour la suppression du système de « macarons » au profit d’une simple circulaire administrative afin de faciliter la circulation du bétail durant la période de la Tabaski. Ils ont également alerté sur la hausse des coûts du transport à l’approche de la fête.
Le ministre s’est engagé à examiner ces différentes doléances en collaboration avec les ministères concernés, réaffirmant sa volonté de privilégier une approche participative avec les professionnels du secteur.
Vers un renforcement durable de la filière
Les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à consolider durablement la filière. Parmi les priorités figurent le renforcement de la production locale, l’arrêt de l’abattage des brebis pour préserver le potentiel reproductif du cheptel, le développement de fermes fourragères ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau dans les zones pastorales.
Les acteurs ont également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de financement, notamment à travers le Fonds de stabilisation de la filière bétail, dont les ressources actuelles restent limitées au regard du poids économique du secteur.
Une stratégie innovante contre le vol de bétail
L’atelier a également été marqué par la présentation d’une nouvelle stratégie de lutte contre le vol de bétail. Un consortium regroupant plusieurs sociétés privées sénégalaises, en collaboration avec la CNAAS et le ministère de l’Agriculture, travaille à la mise en place de solutions technologiques et organisationnelles pour sécuriser le cheptel national.
Une mobilisation collective pour la réussite de la Tabaski
Clôturant les travaux, le ministre Mabouba Diagne a salué l’engagement constant des éleveurs et de l’ensemble des acteurs de la filière, rappelant que leur contribution permet chaque année de garantir aux Sénégalais un accès à des moutons répondant aux exigences religieuses, sanitaires et culturelles de la Tabaski.
Il a également transmis les félicitations du Président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble du Gouvernement à tous ceux qui participent à la réussite de cette opération nationale.
Selon le ministre Dr Mabouba Diagne, au-delà de son aspect technique, cet atelier confirme l’importance d’une mobilisation collective et d’une vision stratégique pour assurer la réussite de la Tabaski et renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal.





