
ACCÈS AUX EMPLOIS PUBLICS : AMADOU LAMINE SY PLAIDE POUR UNE GÉNÉRALISATION PROGRESSIVE DE L’APPEL À CANDIDATURE

L’appel à candidature tend à s’imposer comme un nouvel instrument de modernisation de l’administration publique. Après les nominations intervenues notamment à l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), à l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), dans plusieurs universités publiques et plus récemment à l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), le gouvernement poursuit une démarche que le Bureau Organisation et Méthodes (BOM) présente comme un levier de performance de l’État.
Invité de l’émission Point de vue, son directeur général, Amadou Lamine Sy, estime que cette procédure répond d’abord à une exigence de mérite.
« L’appel à candidature permet de développer ce qu’on appelle la méritocratie. Il garantit un égal accès aux emplois publics », affirme-t-il.
Selon lui, dans un environnement où la compétitivité se joue également entre administrations, la qualité des ressources humaines devient un facteur déterminant. « Pour attirer les investissements, promouvoir l’emploi et créer des richesses, nous avons besoin d’une administration performante. Et pour cela, il faut disposer des meilleures compétences », soutient-il.
Une pratique déjà mise en œuvre
Amadou Lamine Sy rappelle que plusieurs postes de responsabilité ont déjà été pourvus selon cette procédure depuis 2024. Il cite notamment la nomination de six recteurs d’université, ainsi que la désignation des membres du collège de l’OFNAC et du collège de l’ARTP.
Selon lui, ces recrutements ont été conduits par des comités de sélection indépendants, à l’issue d’un processus transparent. « L’autorité a respecté scrupuleusement l’avis technique produit par le comité de sélection, alors même qu’elle disposait du pouvoir de nomination », souligne-t-il.
Une réforme conduite par étapes
Le directeur général du BOM précise toutefois que l’objectif n’est pas de transformer immédiatement l’ensemble des modalités de nomination dans la fonction publique. Le gouvernement a opté, explique-t-il, pour une démarche progressive fondée sur l’expérimentation.
« Avant de généraliser une réforme, il faut d’abord la tester », indique Amadou Lamine Sy, citant l’exemple de la France qui avait expérimenté, pendant plusieurs années, la réforme budgétaire fondée sur la gestion axée sur les résultats avant son extension à l’ensemble de l’administration.
Cette première phase concerne principalement les autorités administratives indépendantes, un choix que le responsable du BOM juge stratégique. Ces institutions, explique-t-il, exercent des missions de régulation dans des secteurs sensibles et ne disposent pas encore d’un cadre juridique harmonisé. À ses yeux, le recours à l’appel à candidature doit contribuer à renforcer leur indépendance et à sélectionner les profils les plus qualifiés.
Vers une nouvelle culture administrative
Pour Amadou Lamine Sy, cette expérimentation poursuit également un objectif d’accompagnement du changement. « L’appel à candidature est une nouvelle pratique que l’administration doit s’approprier », explique-t-il.
Selon lui, cette phase permettra aux administrations comme aux agents publics de se familiariser progressivement avec un mode de sélection davantage fondé sur les compétences et l’évaluation des profils.
À terme, cette évolution devrait contribuer, selon le directeur général du BOM, à installer durablement une culture de la transparence, du mérite et de la performance dans la gestion des emplois publics.





