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DISCOURS XÉNOPHOBES, INDISCIPLINE ROUTIÈRE ET RESPECT DE L’AUTORITÉ : MOUHAMADOU MAKHTAR CISSÉ APPELLE À LA RESPONSABILITÉ COLLECTIVE

a-la-une
22 oct. 2026
a-la-une

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a mis en garde contre la banalisation des discours xénophobes, tout en plaidant pour une application rigoureuse de la loi en matière de séjour des étrangers. Abordant également l’indiscipline routière et le respect de l’autorité publique, il a insisté sur la nécessité de renforcer les contrôles, de poursuivre la sensibilisation et de promouvoir une culture de responsabilité fondée sur l’éducation et l’exemplarité.

La montée de certains discours hostiles aux étrangers, les comportements à risque sur les routes et l’affaiblissement du respect de l’autorité publique constituent autant de préoccupations soulevées par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé. Dans ses réponses, le ministre a défendu une approche articulant fermeté dans l’application des lois, respect des principes de solidarité africaine et responsabilisation des citoyens comme des représentants de l’État.

Discours xénophobes : une mise en garde contre les dérives

Mouhamadou Makhtar Cissé a exprimé ses inquiétudes face à la progression de discours qualifiés de xénophobes dans l’espace public sénégalais. Pour lui, ces prises de position ne doivent jamais être minimisées, car elles peuvent progressivement s’enraciner dans la société, particulièrement lorsque les difficultés économiques et la pauvreté alimentent les frustrations.

« Il ne faut jamais sous-estimer ce type de discours », a-t-il averti, soulignant que la précarité pouvait constituer un terreau favorable à la propagation des idées de rejet de l’autre.

Le ministre a ainsi rappelé que le Sénégal ne devait pas renier sa tradition d’ouverture et d’hospitalité. Il a néanmoins tenu à distinguer cette exigence de tolérance du respect des règles encadrant l’entrée et le séjour des étrangers sur le territoire national.

Selon lui, les ressortissants étrangers doivent se conformer à la législation sénégalaise, notamment en ce qui concerne la régularisation de leur situation administrative. Il a insisté sur le fait que l’application de la loi devait concerner aussi bien les Sénégalais que les étrangers, sans distinction arbitraire.

Immigration : concilier hospitalité et respect des lois

Le ministre a rappelé que la libre circulation des personnes dans l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) obéissait à des règles spécifiques. Les ressortissants des États membres bénéficient de facilités d’entrée et de séjour, conformément aux dispositions communautaires, tandis que les ressortissants d’autres pays sont soumis aux exigences applicables en matière de visa.

À titre d’exemple, Mouhamadou Makhtar Cissé a évoqué le droit des Sénégalais à se rendre dans d’autres pays de la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, dans le cadre des dispositions communautaires relatives à la libre circulation.

Il a également annoncé que les autorités travaillaient à la modernisation des procédures d’entrée et de séjour au Sénégal, avec le développement de démarches informatisées et digitalisées. La mise en place éventuelle de nouveaux documents pourrait également faciliter les contrôles et améliorer le suivi administratif des personnes présentes sur le territoire.

Cette démarche vise, selon le ministre, à renforcer la maîtrise des flux migratoires sans remettre en cause les principes de coopération régionale ni la vocation du Sénégal à demeurer une terre d’accueil.

Sécurité routière : renforcer l’application du Code de la route

Abordant la question de l’indiscipline routière, notamment les comportements des conducteurs de motos et de véhicules de transport en commun, Mouhamadou Makhtar Cissé a rappelé que la politique des transports relevait principalement du ministère chargé de ce secteur. Les forces de sécurité, notamment la police et la gendarmerie, interviennent toutefois dans le contrôle et l’application du Code de la route.

Pour le ministre, la difficulté réside moins dans l’absence de sanctions que dans leur application effective.

« Les sanctions sont assez dures, mais il faut durcir leur application », a-t-il résumé, estimant que la répression devait s’accompagner d’un travail de sensibilisation et de concertation avec les acteurs concernés.

Il a révélé avoir rencontré des syndicats de transporteurs et des représentants des conducteurs de deux-roues avant plusieurs événements religieux, dans le but de les sensibiliser aux risques liés aux comportements dangereux sur les routes.

Le ministre a notamment pointé l’état de certains véhicules en circulation, malgré leur incapacité à satisfaire aux exigences du contrôle technique. Il estime que le retrait des véhicules ne répondant pas aux normes contribuerait à améliorer sensiblement la sécurité routière.

Rappelant que les accidents peuvent être liés à l’état du véhicule, aux infrastructures ou au comportement des usagers, il a plaidé pour une action simultanée sur ces différents facteurs.

Les motos « thiak-thiak » au cœur des préoccupations

Le phénomène des motos communément appelées « thiak-thiak » occupe une place importante dans les préoccupations du ministre. Initialement plus visible dans certaines localités, cette activité s’est progressivement étendue à Dakar et aux autres grandes villes du pays.

Mouhamadou Makhtar Cissé reconnaît que ces motos constituent une source de revenus pour de nombreux jeunes confrontés aux difficultés d’insertion professionnelle. Il estime toutefois que cette activité, lorsqu’elle s’exerce sans respect des règles de circulation et de sécurité, expose les conducteurs comme les autres usagers à des risques importants.

Le ministre a ainsi appelé à une meilleure organisation du secteur, notamment par l’immatriculation des engins, le respect du port du casque et l’application des règles relatives au permis de conduire.

Il a rappelé que la conduite d’un deux-roues ne dispensait aucun usager de respecter les feux de signalisation, les sens de circulation ou les règles encadrant les dépassements et les déplacements sur la chaussée.

Pour lui, l’enjeu consiste à organiser cette activité plutôt qu’à ignorer son importance économique. La concertation avec les associations concernées doit ainsi permettre de définir des règles mieux adaptées, tout en garantissant leur respect.

Moderniser les transports et favoriser l’insertion professionnelle

Au-delà des contrôles routiers, le ministre a souligné la nécessité de poursuivre le développement des transports publics modernes afin d’offrir aux populations des alternatives plus sûres et mieux organisées.

Il a notamment cité le Train express régional (TER) et le Bus Rapid Transit (BRT), tout en estimant que les infrastructures existantes ne répondaient pas encore à l’ensemble des besoins de mobilité.

Le développement de nouveaux moyens de transport, l’amélioration de l’entretien des routes et le renforcement des contrôles doivent, selon lui, contribuer à réduire les risques et à mieux organiser les déplacements.

Mouhamadou Makhtar Cissé a également attiré l’attention sur les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes qui se tournent vers les activités de transport à deux-roues pour subvenir à leurs besoins.

Il a plaidé pour une revalorisation des métiers techniques et professionnels, citant notamment le bâtiment et l’électricité, secteurs dans lesquels il estime que les compétences qualifiées deviennent difficiles à trouver.

À ses yeux, les revenus immédiats procurés par certaines activités informelles ne doivent pas détourner les jeunes de la recherche de formations et de métiers susceptibles de leur assurer une stabilité professionnelle à long terme.

Respect de l’autorité publique : l’éducation et l’exemplarité comme fondements

Interrogé sur les moyens de restaurer le respect de l’autorité publique et du bien commun, le ministre a placé l’éducation au centre de sa réflexion.

Il a notamment évoqué le rôle de la famille, de l’école et des daaras dans la transmission des valeurs de discipline, de civisme et de respect des règles collectives.

Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, la responsabilité ne repose cependant pas uniquement sur les citoyens. Les personnes investies de fonctions publiques doivent elles-mêmes adopter des comportements exemplaires afin de renforcer la crédibilité de l’autorité qu’elles incarnent.

« La meilleure pédagogie, comme disait l’autre, c’est l’exemplarité », a-t-il rappelé.

Le ministre estime ainsi que le respect de l’autorité ne peut durablement s’imposer par la seule contrainte. Il doit également s’appuyer sur la cohérence entre les exigences adressées aux citoyens et le comportement de ceux qui exercent des responsabilités publiques.

Cette conception repose sur une responsabilité partagée : les citoyens doivent respecter les lois et les règles de la vie collective, tandis que les représentants de l’État doivent faire preuve de probité, de civilité et de respect dans leurs rapports avec les populations.

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