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JOJ DAKAR 2026 : MOUHAMADOU MAKHTAR CISSÉ DÉTAILLE LE DISPOSITIF SÉCURITAIRE ET LES MESURES D’ACCUEIL

a-la-une
22 oct. 2026
a-la-une

Invité de l’émission « Sans Filtre » de la RTS, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a détaillé les grandes lignes du dispositif sécuritaire prévu pour les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Coordination des forces de défense et de sécurité, anticipation des cybermenaces et du risque terroriste, gestion des flux de délégations et renforcement de l’interopérabilité entre les services : le ministre a présenté les principaux axes d’une préparation dont il attend également un héritage durable pour la sécurité publique au Sénégal.

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le Sénégal renforce son dispositif sécuritaire pour accueillir cet événement sportif international, organisé pour la première fois sur le continent africain. Invité de l’émission « Sans Filtre » de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS), le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a exposé les principaux axes de la préparation sécuritaire, tout en soulignant l’ampleur des responsabilités qui incombent au pays hôte.

D’emblée, le ministre a tenu à rappeler la dimension internationale de cette manifestation, qui mobilisera des centaines de délégations et des milliers de participants, parmi lesquels des athlètes, des officiels de haut rang et des responsables du mouvement olympique mondial, dont le président du Comité international olympique (CIO).

Si les JOJ ne présentent pas la même envergure que les Jeux olympiques traditionnels, leur organisation demeure, selon lui, un rendez-vous de portée mondiale qui exige une préparation rigoureuse. Au-delà de l’enjeu sportif, cette première africaine représente une responsabilité particulière pour le Sénégal, appelé à garantir la sécurité de ses hôtes tout en contribuant au rayonnement du continent.

Une architecture sécuritaire articulée autour de plusieurs niveaux de coordination

Pour répondre à ces exigences, le gouvernement a engagé un processus de planification sécuritaire depuis la désignation du Sénégal comme pays hôte. Selon Mouhamadou Makhtar Cissé, cette préparation repose sur plusieurs volets complémentaires, allant de la planification stratégique à la planification opérationnelle, en passant par des exercices destinés à éprouver les capacités d’intervention des différentes unités.

Le ministre a notamment rappelé la mise en place, dès 2025, d’un comité national de sécurité dédié aux JOJ, institué par décret du président de la République. Cette structure s’inscrit dans un dispositif de coordination destiné à assurer la cohérence des interventions et la mobilisation des ressources nécessaires à la sécurisation de l’événement.

À cette organisation s’ajoutent un centre de coordination des opérations, des postes de commandement opérationnels et des postes de commandement tactiques. L’ensemble doit permettre aux différentes composantes du dispositif sécuritaire d’intervenir de manière coordonnée sur les sites concernés, notamment à Dakar, Diamniadio et Saly.

Sans entrer dans les détails opérationnels, au nom de la confidentialité inhérente à ce type de dispositif, le ministre a assuré que les mécanismes prévus avaient fait l’objet de tests théoriques et d’exercices en conditions réelles.

Des simulations en conditions réelles pour éprouver la capacité de réaction

Parmi les exercices évoqués, Mouhamadou Makhtar Cissé a fait état d’une simulation d’attaque destinée à évaluer la réactivité des unités d’intervention dans des conditions proches de celles qu’elles pourraient rencontrer sur le terrain.

L’exercice a notamment consisté à faire sortir les unités de leurs bases et à mesurer leur capacité de mobilisation en tenant compte des conditions réelles de circulation à Dakar. Selon le ministre, les forces engagées ont réussi à gérer le scénario dans un délai d’environ une heure, correspondant au temps de référence retenu pour ce type d’incident.

Pour les autorités, ces exercices constituent un moyen d’apprécier le fonctionnement du dispositif et d’identifier les capacités de réponse disponibles avant le début des compétitions. Le ministre a également annoncé une montée en puissance progressive du dispositif à mesure que l’ouverture des Jeux approche.

Cette préparation intervient dans un contexte qui requiert une vigilance particulière, compte tenu de la présence attendue de délégations étrangères et de personnalités de haut niveau, notamment des chefs d’État. Le ministre a ainsi souligné que la venue de dirigeants de grandes puissances, dont la France, ajoutait aux exigences de l’organisation.

Police, gendarmerie, armée et secours : une mobilisation collective

Mouhamadou Makhtar Cissé a insisté sur le caractère transversal de la sécurité, qui ne saurait se limiter à la seule mobilisation des forces armées ou des unités de police.

Le dispositif associe, selon ses explications, la gendarmerie, la police, les forces armées, les sapeurs-pompiers, les personnels civils de santé et les secouristes. Cette approche vise à prendre en compte non seulement les menaces susceptibles d’affecter les sites de compétition, mais également les besoins d’assistance, de secours et de prise en charge des personnes en cas d’incident.

Le ministre a par ailleurs indiqué que le spectre des menaces potentielles avait été examiné par des spécialistes, avec l’appui de la coopération internationale. Plusieurs pays partenaires ont ainsi contribué aux préparatifs, dans une logique de collaboration entre forces de sécurité.

Évoquant l’expérience d’autres éditions des Jeux olympiques, il a rappelé que la participation de forces étrangères aux dispositifs de sécurité relevait également de l’esprit de coopération propre à l’événement. Cette collaboration, a-t-il expliqué, ne traduit pas nécessairement une insuffisance des capacités nationales du pays organisateur, mais participe d’une dynamique de solidarité et de partage d’expérience entre États.

La sécurité des délégations sans négliger celle des Sénégalais

Au-delà de la protection des athlètes, des officiels et des délégations étrangères, le ministre a tenu à mettre en avant une autre exigence : la continuité de la mission de sécurité publique au bénéfice des populations sénégalaises.

Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, l’organisation des JOJ ne doit pas détourner les forces de sécurité de leurs responsabilités habituelles. La protection des personnes et des biens demeure une mission permanente, indépendamment des événements exceptionnels accueillis par le pays.

Cette double obligation constitue l’un des enjeux majeurs du dispositif : sécuriser les sites olympiques, les déplacements et les personnalités attendues, tout en maintenant les capacités nécessaires à la prévention de la délinquance, à la protection des citoyens et à la gestion des urgences sur l’ensemble du territoire concerné.

Le ministre a ainsi exprimé sa confiance dans les forces de défense et de sécurité mobilisées, tout en rappelant que la réussite de l’opération dépendrait de la coordination de l’ensemble des acteurs engagés.

Des circuits dédiés pour faciliter l’arrivée des délégations

Interrogé sur les dispositions prévues pour fluidifier et sécuriser les arrivées ainsi que les déplacements des milliers d’athlètes et de visiteurs étrangers attendus, Mouhamadou Makhtar Cissé a annoncé la mise en place de mesures spécifiques aux principaux points d’entrée du pays.

À l’aéroport, où est attendu le plus grand nombre de délégations, un dispositif particulier a été aménagé, avec notamment un couloir dédié aux participants des JOJ. Des dispositions sont également envisagées aux frontières terrestres afin de prendre en charge les délégations susceptibles de rejoindre le Sénégal par voie routière. Le recours à des itinéraires maritimes pourra également être envisagé en fonction des besoins.

Selon le ministre, les premières délégations ont commencé à arriver depuis environ une semaine au moment de son intervention. Les services compétents s’appuient notamment sur les fiches d’arrivée pour suivre les flux et organiser leur prise en charge.

Il a toutefois précisé ne pas disposer encore d’un décompte définitif des délégations déjà présentes dans le pays, indiquant qu’un premier bilan devait être établi à l’intention du président de la République et du Premier ministre.

Ces premières arrivées marquent une étape importante dans la mise en œuvre du dispositif d’accueil, appelé à s’intensifier à mesure que l’ouverture des Jeux approche et que le nombre de participants augmente.

Au-delà des infrastructures, le facteur humain au cœur de l’accueil

Si les circuits dédiés et les dispositifs de coordination doivent contribuer à faciliter les formalités et les déplacements, le ministre a également insisté sur l’importance du comportement des agents mobilisés à l’accueil.

Pour lui, l’efficacité des aménagements matériels ne saurait se substituer à la qualité de la prise en charge humaine. L’attitude, la disponibilité et le professionnalisme des personnels chargés d’accueillir les délégations constituent, à ses yeux, un élément essentiel de l’organisation.

Cette dimension revêt un enjeu particulier pour un pays qui s’apprête à accueillir, pour la première fois en Afrique, une compétition olympique de cette nature. Au-delà de la sécurité proprement dite, les conditions d’arrivée, d’orientation et d’accompagnement des visiteurs contribueront à l’image que le Sénégal entend donner de lui-même et, plus largement, du continent africain.

Un héritage sécuritaire fondé sur la synergie des forces

Au-delà des exigences immédiates liées à l’organisation des Jeux, Mouhamadou Makhtar Cissé voit dans les JOJ une occasion de consolider durablement les mécanismes de coopération entre les différentes composantes des forces de défense et de sécurité.

Interrogé sur les transformations que pourrait induire ce dispositif exceptionnel dans la doctrine de sécurité publique au Sénégal, le ministre a placé la synergie d’action entre les services au cœur de l’héritage attendu.

Il a rappelé que le pays avait déjà assuré la sécurité de grands rendez-vous, notamment la Coupe d’Afrique des nations (CAN) et des sommets internationaux réunissant des chefs d’État. Toutefois, la durée et l’ampleur des JOJ constituent, selon lui, un défi inédit. Pendant quinze jours, le Sénégal devra gérer un événement rassemblant des centaines de délégations et des milliers de personnes, dans un environnement qui exige une coordination constante.

« Le plus gros héritage que moi, ministre de l’Intérieur, j’attends de ces JOJ […] c’est de renforcer cette collaboration entre les forces, cette synergie d’action entre nos forces de défense et de sécurité », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, l’enjeu ne se limite donc pas à la réussite ponctuelle de l’opération sécuritaire. Il s’agit également de tirer parti de l’expérience acquise pour renforcer les habitudes de travail en commun, améliorer la coordination et consolider la capacité des différents services à intervenir conjointement.

Mouhamadou Makhtar Cissé a, dans ce sens, insisté sur la nécessité d’éprouver l’interopérabilité des forces sur le terrain. Celle-ci, a-t-il souligné, ne peut être décrétée : elle se construit par la pratique, les exercices et la confrontation à des situations opérationnelles concrètes.

Il a également élargi la notion d’héritage aux autres dimensions des Jeux, notamment les formations suivies par de jeunes Sénégalais durant la préparation, les perspectives d’employabilité des volontaires et les infrastructures destinées à bénéficier aux communautés après la compétition.

S’agissant spécifiquement des forces de défense et de sécurité, il considère que la pérennisation de la coopération entre les services constituerait le principal acquis de cette mobilisation exceptionnelle. « Ce sera le meilleur héritage que nous recevrons des Jeux », a-t-il affirmé.

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