
INDUSTRIES CRÉATIVES AFRICAINES : DE LA VISIBILITÉ MONDIALE À L’INVESTISSEMENT DURABLE DANS LES TALENTS

Les industries culturelles et créatives africaines n’ont jamais été aussi visibles sur la scène internationale. Mode, cinéma, musique, arts numériques ou artisanat contemporain s’imposent aujourd’hui dans les festivals, les plateformes de streaming et les circuits mondiaux de diffusion. Cette reconnaissance croissante consacre l’inventivité du continent. Mais derrière l’exposition médiatique se cache une réalité plus fragile : la visibilité ne se traduit pas toujours en carrières durables ni en filières économiques solides.
Au cours de la dernière décennie, les plateformes numériques et les réseaux internationaux ont offert aux créateurs africains des vitrines inédites. Pourtant, nombre d’entre eux peinent encore à transformer l’attention en stabilité professionnelle. Faute de dispositifs structurants formation, mentorat, accès aux marchés, financement et reconnaissance institutionnelle beaucoup restent enfermés dans des cycles de succès ponctuels, sans perspective de croissance à long terme.
Ce décalage entre reconnaissance et structuration constitue l’un des défis majeurs de l’économie culturelle africaine. Le continent regorge de talents, mais les écosystèmes restent fragmentés et insuffisamment outillés. Trop souvent, la réussite repose sur la débrouillardise individuelle plutôt que sur des infrastructures collectives capables de capter et de redistribuer la valeur créée. Résultat : des trajectoires prometteuses s’interrompent, et une part importante de la valeur générée échappe aux territoires.
Le problème n’est ni l’absence de créativité ni le manque d’intérêt du public. Il réside dans la perception encore marginale des industries culturelles, souvent reléguées au rang de secteurs symboliques. Or, à l’échelle mondiale, elles sont reconnues comme de puissants leviers d’emploi, d’inclusion des jeunes et de rayonnement culturel. Comme la technologie ou le sport, elles nécessitent planification stratégique, gouvernance claire et investissements de long terme.
Changer de paradigme suppose d’aller au-delà des initiatives ponctuelles et des opérations de visibilité. Les écosystèmes créatifs ont besoin de cadres durables, capables d’accompagner les talents sur l’ensemble de leur trajectoire : développement des compétences, structuration professionnelle, accès aux réseaux et crédibilité institutionnelle. L’enjeu n’est pas de soutenir des moments, mais de construire des parcours.
C’est dans cette logique que s’inscrivent certaines initiatives émergentes, à l’image de We Champion Talent, un dispositif panafricain porté par Orun et 1xBet. Conçu comme un mécanisme structurant plutôt qu’une simple opération de communication, il combine accompagnement des talents, accès aux opportunités, diplomatie culturelle et production éditoriale. Sa pertinence tient à son ambition de considérer le talent comme un actif stratégique nécessitant cohérence, continuité et évaluation des résultats.
Pour Khalidou Guissé, Administrateur Général de 1xBet au Sénégal, cette approche répond à un enjeu fondamental : « La créativité africaine ne manque ni d’ambition ni d’excellence. Ce qui fait souvent défaut, ce sont les structures permettant aux talents de grandir dans le temps. Investir dans les écosystèmes créatifs relève à la fois de la responsabilité et d’une vision stratégique des sources de valeur futures. »
L’enjeu est d’autant plus crucial que les industries culturelles sont étroitement liées aux dynamiques économiques et sociales du continent. Elles offrent des perspectives crédibles d’entrepreneuriat, de création d’emplois et de développement des compétences, en particulier pour les jeunes. Dans un contexte de forte pression démographique, leur potentiel ne peut être pleinement exploité qu’à condition d’une structuration adaptée.
L’avenir des industries culturelles et créatives africaines ne se jouera pas uniquement sur leur capacité à capter l’attention mondiale. Il dépendra surtout de l’investissement consenti dans les talents et les écosystèmes qui les entourent. Soutenir les créateurs n’est pas un acte de mécénat, mais un choix économique, social et stratégique. À mesure que l’intérêt pour la créativité africaine s’intensifie, la véritable mesure du progrès sera la capacité à transformer cette visibilité en valeur durable, au bénéfice des créateurs et des territoires qui les portent.





