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JOJ DAKAR 2026 : LES FORCES DE SÉCURITÉ PASSENT L’ÉPREUVE DE LA CERTIFICATION

a-la-une
04 oct. 2026
a-la-une

Le compte à rebours sécuritaire des JOJ Dakar 2026 est désormais bien engagé. Les 6 et 7 octobre prochains, les forces de défense et de sécurité participeront à un exercice de certification présenté comme une étape majeure dans la validation du dispositif mis en place pour accompagner l’événement sportif international.

Cette séquence intervient quelques jours après l’exercice de consolidation sectorielle (SEC.EX), organisé les 28 et 29 septembre par le Comité national de sécurisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (CNS-JOJ). Durant deux jours, les différentes composantes engagées ont été confrontées à une succession de scénarios destinés à tester leur coordination, leur réactivité et leur capacité à conduire des opérations simultanées sur plusieurs sites.

Six incidents simulés sur plusieurs sites

Le 28 septembre, la manœuvre a notamment mobilisé les forces autour de six incidents majeurs. Sous la coordination de la Police nationale, les exercices menés à Saly Beach West/Lamantin Beach ont combiné incident maritime et terrestre, opérations de sauvetage, neutralisation de drone, incendie et gestion de troubles à l’ordre public.

Au stade Iba Mar Diop, les unités ont été confrontées à des scénarios de fraude à la billetterie, de fausses accréditations, d’alerte à la bombe et d’évacuation du site. Au complexe Tour de l’Œuf, le dispositif a été testé face à des fraudes, des rumeurs concernant la présence d’individus armés, un mouvement de panique, un incident sanitaire à la piscine, une cyberattaque et une opération escargot.

La Gendarmerie nationale a, de son côté, conduit des exercices à l’AIBD, sur l’autoroute A1, à la sortie 11 et au CICAD. Les scénarios ont notamment porté sur le contrôle frontalier, l’escorte d’une délégation, un carambolage impliquant plusieurs victimes, la régulation du trafic et les évacuations sanitaires.

Le Village olympique a également fait l’objet d’un exercice autour d’une intoxication alimentaire collective, avec prise en charge des victimes, évacuation, sécurisation de la chaîne alimentaire et enquête judiciaire. Au stade Abdoulaye Wade, les forces ont travaillé sur la gestion des flux de spectateurs, les bousculades, les violences, un accident impliquant plusieurs victimes, une intrusion de drone, une menace aérienne et l’évacuation du site.

Prise d’otages et incident ferroviaire : deux scénarios de crise majeure

La deuxième journée du SEC.EX, le 29 septembre, a franchi un nouveau niveau dans la simulation avec deux scénarios de crise particulièrement sensibles : une prise d’otages à l’hôtel Terrou-Bi et un incident à bord du Train express régional (TER).

À l’hôtel Terrou-Bi, le scénario prévoyait la prise en otages d’une cinquantaine de personnes par un commando de 11 assaillants présumés. Le dispositif a notamment intégré une phase de négociation, le bouclage du périmètre et l’intervention d’unités spécialisées.

Selon le bilan de la simulation, quinze otages ont d’abord été libérés, avant un assaut conduit pendant près de deux heures par les unités spécialisées. Dix assaillants ont été interpellés, un neutralisé, trois blessés et six fusils d’assaut AK-47 saisis. Le scénario faisait également état de deux otages décédés et de treize blessés parmi les personnes prises en charge.

Autre situation testée : un incident à bord du TER impliquant une délégation officielle américaine. Après une agression au couteau, une alerte à la bombe a entraîné l’immobilisation du train à Sébikotane, l’évacuation des passagers et l’intervention des équipes spécialisées dans la détection et la neutralisation d’explosifs (NEDEX). Un départ de feu simulé a ensuite nécessité l’intervention de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

L’interopérabilité au cœur de la certification

Ces différents scénarios poursuivent un objectif central : vérifier que les différentes composantes du dispositif sécuritaire sont capables de fonctionner ensemble, rapidement et efficacement, en situation de crise.

L’exercice de certification des 6 et 7 octobre devra ainsi permettre d’évaluer plusieurs paramètres essentiels : l’interopérabilité entre les unités, la rapidité de réaction face aux situations complexes, l’efficacité des chaînes de commandement, la fluidité des communications et la maîtrise des procédures adaptées aux grands événements sportifs internationaux.

Le principe retenu repose sur une approche interservices et intercomposantes : la force territorialement compétente conduit l’action, tandis que les autres services apportent leurs capacités spécifiques en appui.

Dernière ligne droite avant les JOJ

Avec cette certification, les autorités sécuritaires entendent donc franchir une nouvelle étape dans la préparation des JOJ. L’enjeu dépasse la seule capacité à intervenir sur un incident isolé. Il s’agit de démontrer que le dispositif peut simultanément gérer des crises sur plusieurs sites, protéger les délégations, maîtriser les flux de spectateurs, sécuriser les infrastructures et assurer la continuité des opérations.

Après plusieurs mois de planification, d’entraînements conjoints et de simulations, les 6 et 7 octobre constitueront ainsi un test grandeur nature pour les forces engagées dans la sécurisation des Jeux.

À l’approche de l’ouverture de Dakar 2026, cette séquence doit permettre de mesurer les acquis, d’identifier les éventuelles failles et, surtout, d’apporter les derniers ajustements au dispositif national de sécurité. Pour les forces armées et de sécurité, l’objectif est désormais clair : transformer la préparation en capacité opérationnelle pleinement éprouvée.

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