
LANCEMENT DU FONDS DE DÉVELOPPEMENT DE LA MICROFINANCE ISLAMIQUE : UN NOUVEL INSTRUMENT POUR L’INCLUSION FINANCIÈRE AU SÉNÉGAL

Le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, a procédé, mardi à Dakar, au lancement officiel du Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI), un mécanisme présenté comme un levier majeur de lutte contre la pauvreté et d’inclusion financière.
Selon le ministre, ce nouveau fonds constitue « le carburant qui viendra nourrir cette flamme d’espoir allumée ». Il a souligné que, fondé sur la solidarité, l’éthique dans les affaires et le travail, le FDMI ambitionne de contribuer à la transformation de l’économie nationale.
Alioune Dione a insisté sur la vocation sociale de ce dispositif, qui vise à offrir une alternative de financement « crédible et viable » aux populations rurales, périurbaines et urbaines souvent exclues du système bancaire classique. Il a pointé du doigt les limites du système bancaire traditionnel, notamment ses taux d’intérêt et ses conditions d’accès, qui écartent une partie importante des Sénégalais.

Dans cette perspective, le FDMI, adossé à la finance islamique, est présenté comme un outil plus inclusif. Le ministre a assuré qu’il reposera sur une gouvernance rigoureuse garantissant transparence et efficacité. Il l’a également qualifié d’« outil de justice sociale ».
Appelant à une forte appropriation du dispositif, Alioune Dione a invité les institutions de microfinance à diversifier leurs offres en intégrant davantage la finance islamique afin de répondre à une « demande populaire forte et légitime ». Il a également exhorté les jeunes à se regrouper en coopératives productives et solidaires pour tirer pleinement profit de ce nouvel instrument.
De son côté, le directeur régional de la Banque islamique de développement, Nabil Ghalleb, a insisté sur les conditions de réussite du fonds, notamment « une gouvernance irréprochable, une coordination fluide entre les acteurs et une mobilisation intelligente des ressources ». Selon lui, il ne s’agit pas seulement de financer, mais aussi de structurer et de renforcer les capacités des acteurs du secteur.
Le président du conseil de surveillance du FDMI, Papa Leyti Ndiaye, a pour sa part assuré que ce fonds contribuera à corriger certaines « injustices sociales » subies par des clients du système bancaire classique. Il a également précisé que l’État du Sénégal ne finance que 13 % du dispositif, rendant nécessaire une diversification des partenariats pour assurer sa viabilité.

Dans la même dynamique, l’administrateur du fonds, Abdou Diao, a souligné que le FDMI dispose d’une personnalité juridique et d’une autonomie de gestion lui conférant flexibilité et capacité d’action. Il a également évoqué ses ambitions en matière d’innovation financière, de diversification des ressources et de développement de nouveaux produits adaptés aux besoins des populations.
Enfin, le président de l’Association professionnelle des institutions de microfinance, Mamadou Lamine Diouf, a salué la création de ce mécanisme qu’il considère comme un « véritable levier de transformation des institutions de microfinance » au Sénégal.





