
DÉCÈS DE LANDING DIÉMÉ : LE MONDE DES ARTS PLASTIQUES SÉNÉGALAIS PERD UNE FIGURE SINGULIÈRE

Le monde des arts plastiques sénégalais est en deuil. L’artiste Landing Diémé, plus connu sous le nom d’ATOUKART, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre qui a profondément marqué la scène artistique nationale. Né en 1981 à Pikine, il s’était imposé au fil des années comme l’une des signatures les plus originales de la peinture contemporaine sénégalaise.
C’est dans les ateliers du maître Khalifa Guèye, où il se forme entre 1994 et 2004, qu’il forge son identité artistique. Héritier de cet enseignement, ATOUKART développe rapidement un style personnel, oscillant entre abstraction et figuration stylisée, où la couleur prend le pas sur la forme pour donner naissance à des compositions d’une grande intensité.
Peintre et cartonnier, il se distingue par une technique mixte associant pigments naturels, peinture acrylique et collages de tissus. Son travail, d’une expressivité remarquable, fait dialoguer les matières et les couleurs dans des œuvres où chaque toile devient un espace de liberté et d’expérimentation.
Les rues de Dakar et de sa banlieue constituent le cœur de son inspiration. ATOUKART y puise les histoires, les contrastes et les blessures d’une ville en perpétuel mouvement. Il sublime le désordre urbain, tout en donnant un visage aux oubliés : les marginaux, les êtres en errance, ceux dont les regards traduisent la solitude, le désespoir ou la quête d’une identité.
Mais son œuvre ne s’arrête pas au constat social. Derrière ces silhouettes souvent fragiles, l’artiste laisse toujours entrevoir une possibilité de renaissance. Pour lui, le travail et la création demeurent des chemins d’émancipation, capables de redonner espoir à ceux que la société marginalise.
Au cours de sa carrière, ATOUKART a exposé ses œuvres au Sénégal et en France, faisant connaître un univers artistique profondément enraciné dans les réalités sénégalaises. Ses créations, consacrées notamment aux « identités flottantes » et à la vie en banlieue, témoignent d’une sensibilité rare et d’un regard lucide sur son époque.
Avec la disparition de Landing Diémé, dit ATOUKART, le Sénégal perd un artiste engagé, dont les toiles continueront de raconter la beauté, les contradictions et les espoirs des espaces urbains. Son héritage restera celui d’un créateur qui a su transformer les couleurs et les matières en un puissant langage au service de l’humain.





