
REPORT DES ÉLECTIONS LOCALES : « IL SERAIT LE PREMIER À ARRIVER AU POUVOIR ET TENIR UNE ÉLECTION LOCALE À DATE ÉCHUE », SELON MAMADOU KASSÉ

L’absence de date officielle pour les prochaines élections territoriales alimente les interrogations dans les états-majors politiques. Pour Mamadou Kassé, secrétaire national aux affaires économiques et financières de l’APR, le débat ne porte pas uniquement sur la tenue ou non du scrutin, mais surtout sur les conditions dans lesquelles celui-ci pourrait être organisé.
Le responsable politique dit ainsi constater que plusieurs éléments nécessaires à la préparation des élections ne sont pas encore clairement établis. Il cite notamment la révision des listes électorales, la question de la validité des cartes d’identité et, plus largement, la fixation du calendrier électoral.
Des interrogations sur les cartes d’identité
Mamadou Kassé attire particulièrement l’attention sur la situation des cartes d’identité nationale arrivant à expiration en décembre 2026. « Moi, j’ai vu que ma carte expire en décembre 2026. Si on va aux élections en janvier 2027, on y va dans quelles conditions ? », s’interroge-t-il.
Le président du conseil départemental de Tambacounda explique avoir fait le même constat auprès de plusieurs militants et responsables politiques qu’il a consultés. Pour lui, cette question mérite d’être anticipée, compte tenu du lien entre la carte d’identité et l’exercice du droit de vote.
À cette préoccupation, il ajoute celle de la révision des listes électorales, qui constitue, selon lui, un autre préalable important à la préparation du scrutin.
Le couplage avec les législatives en question
L’autre incertitude évoquée concerne l’éventualité d’un couplage des élections territoriales avec les élections législatives, dans le contexte d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale.
Mamadou Kassé relève que les deux scrutins ne répondent pas aux mêmes logiques électorales. Les élections territoriales concernent notamment les maires et les présidents de conseils départementaux, tandis que les législatives déterminent la représentation à l’Assemblée nationale.
Cette différence pourrait avoir des conséquences sur la constitution des alliances politiques et sur le comportement des électeurs. « Comment les alliances vont se faire si effectivement on doit coupler deux élections qui ne sont pas de même nature ? », questionne-t-il. Ces différents paramètres expliquent, selon lui, les interrogations qui existent actuellement chez les acteurs politiques.
Le principe du respect du calendrier
Pour autant, Mamadou Kassé rappelle que la position officielle de l’APR reste celle du respect du calendrier électoral. Il considère que la tenue des élections à l’échéance prévue constitue le principe républicain. Mais il estime que si des circonstances devaient conduire à envisager une modification du calendrier, celle-ci devrait être expliquée et discutée avec les acteurs politiques.
« On ne peut pas changer les règles du jeu sans les acteurs du jeu », affirme-t-il, en appelant à renouer avec la tradition sénégalaise de concertation. À ses yeux, le débat doit donc porter sur les conditions concrètes d’organisation du scrutin plutôt que sur des hypothèses non encore établies.
Les états-majors déjà en préparation
Sur le terrain politique, Mamadou Kassé estime que les formations politiques commencent déjà à se préparer, malgré l’absence de date officielle. « Les États-majors sont préparés pour aller aux élections. La date n’est pas connue. C’est surtout ça qui constitue un peu le flou », résume-t-il.
Interrogé sur son éventuelle candidature à Tambacounda, le président du Conseil départemental reste prudent. Il refuse de dévoiler les discussions stratégiques de son parti et rappelle que les candidatures feront l’objet de discussions au moment opportun.
Pour l’heure, le responsable de l’APR privilégie donc la clarification du processus électoral. Date du scrutin, révision des listes, validité des pièces d’identité et éventuel couplage avec les législatives constituent, à ses yeux, autant de questions qui devront être clarifiées avant que les formations politiques ne puissent arrêter définitivement leurs stratégies.





